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À l’ONU, Sergueï Lavrov réaffirme les objectifs de la Russie en Ukraine et accuse l’Europe de bloquer les discussions de paix

Guerre en Ukraine : à l’ONU, Lavrov maintient les objectifs russes et accuse l’Europe de bloquer les discussions de paix.

À l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a réaffirmé la détermination de Moscou à poursuivre ses objectifs en Ukraine. Près de cinq ans après le début de l’invasion à grande échelle, lancée en février 2022, le chef de la diplomatie russe a assuré que la Russie ne modifierait pas sa ligne, quelles que soient les circonstances.

« Les objectifs de l’opération militaire spéciale seront atteints, la menace à la sécurité russe sera éliminée, et la vie paisible reviendra », a déclaré Sergueï Lavrov lors de son intervention, samedi 26 septembre. Cette formulation reprend la présentation officielle du Kremlin, qui décrit la guerre comme une opération destinée à protéger la Russie, alors que l’Ukraine et la majorité des pays occidentaux dénoncent une invasion et une atteinte à la souveraineté ukrainienne.

Moscou accuse l’Europe de bloquer les discussions

Dans son discours, Sergueï Lavrov a également ciblé l’Union européenne. Selon lui, les pays européens feraient « tout ce qui est en leur pouvoir pour contrecarrer les discussions de paix souhaitées par le gouvernement [de Donald] Trump ». Le ministre russe oppose ainsi l’attitude de l’Europe à celle de Washington, dont l’administration cherche, selon Moscou, à favoriser une reprise des échanges diplomatiques.

Cette accusation s’inscrit dans un contexte de profondes divergences sur les conditions d’un éventuel règlement. Les gouvernements européens affirment régulièrement soutenir toute initiative crédible en faveur de la paix, mais insistent aussi sur la nécessité de préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Ils refusent notamment qu’un accord soit conclu au détriment de Kiev ou sous la seule pression militaire russe.

Le discours de Sergueï Lavrov ne fait pas état d’un changement de position russe. Au contraire, il confirme la volonté de Moscou de maintenir ses exigences et de présenter le conflit comme une réponse à une menace extérieure. La portée réelle de ces déclarations sur d’éventuelles négociations reste toutefois incertaine : une affirmation publique ne constitue pas, à elle seule, la preuve de l’existence d’un processus diplomatique abouti.

Un échange tendu avec le ministre allemand des Affaires étrangères

La journée a également été marquée par une rencontre entre Sergueï Lavrov et son homologue allemand, Johann Wadephul. Il s’agissait, selon le texte fourni, du premier entretien entre les deux hommes depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine. La réunion s’est tenue alors que les relations entre Berlin et Moscou sont fortement dégradées.

L’Allemagne accuse en effet la Russie d’être impliquée dans un incident survenu début août à l’aéroport de Leipzig. Un drone chargé d’explosifs aurait été retrouvé dans la zone de fret de la plateforme. Berlin estime que cet épisode relève d’une opération hostile attribuable à Moscou, une accusation que la Russie conteste. Les autorités allemandes ont depuis pris des mesures diplomatiques contre la Russie, notamment la fermeture de représentations consulaires respectives.

Selon la délégation allemande, Johann Wadephul a dénoncé « l’agression persistante et toujours plus ciblée de la Russie contre la population civile ukrainienne ». Il aurait également demandé à Moscou de « renoncer à la dangereuse voie de l’escalade à l’égard de l’Allemagne, de l’Europe et de l’Otan ». Ces propos traduisent la crainte, exprimée par Berlin et plusieurs capitales européennes, de voir la confrontation dépasser le seul théâtre ukrainien.

Des sources à considérer avec prudence

Les informations rapportées reposent principalement sur deux types de sources : les déclarations publiques de Sergueï Lavrov et les éléments communiqués par la délégation allemande. Leur valeur est élevée pour établir ce que les responsables ont effectivement déclaré, car il s’agit de sources directes et institutionnelles. Elles restent toutefois partisanes lorsqu’il s’agit d’interpréter les faits, d’attribuer des responsabilités ou de qualifier les intentions de l’adversaire.

Les accusations liées à l’aéroport de Leipzig doivent donc être présentées avec prudence tant que les éléments techniques et les conclusions d’une enquête indépendante ne sont pas intégralement accessibles. De même, l’affirmation selon laquelle l’Europe chercherait à empêcher la paix relève de l’analyse politique de Moscou et ne peut être considérée comme un fait établi sans confrontation avec les positions officielles européennes et américaines.

La rédaction de Commons

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