Absence de Volodymyr Zelensky à la conférence de Gdańsk sur la reconstruction de l'Ukraine après le retrait de l'Ordre de l'Aigle blanc et la polémique autour de l'UPA
L'absence de Zelensky à Gdańsk reflète la crise des relations Pologne Ukraine après le retrait de l'Ordre de l'Aigle blanc et la polémique sur l'UPA.
Les relations entre Kyiv et Varsovie traversent un épisode de forte tension diplomatique, mis en lumière cette semaine par l’absence annoncée du président ukrainien Volodymyr Zelensky à une conférence consacrée à la reconstruction de l’Ukraine organisée en Pologne.
Une délégation ukrainienne conduite par la Première ministre
Jeudi 23 juin, Ioulia Svyrydenko, Première ministre ukrainienne, a confirmé qu’elle dirigerait la délégation de son pays à la conférence annuelle qui se tient à Gdansk les jeudi et vendredi. Par cette annonce, la présence présidentielle a été implicitement écartée, marquant un refroidissement diplomatique perceptible entre les deux pays voisins engagés depuis plusieurs années dans un partenariat stratégique mais parfois conflictuel.
La décision du président Zelensky de ne pas se rendre à Gdansk intervient dans un contexte tendu, où des gestes symboliques et des décisions protocolaires ont pris une forte valeur politique et médiatique. La représentation du gouvernement ukrainien par la cheffe du gouvernement traduit à la fois la volonté de maintenir une participation ukrainienne à l’événement et la réalité d’un climat bilatéral dégradé.
La décision controversée de Varsovie sur l’Ordre de l’Aigle blanc
La tension s’est cristallisée la semaine précédente lorsqu’un responsable polonais, Karol Nawrocki, a annoncé le retrait de la plus haute distinction polonaise, l’Ordre de l’Aigle blanc, attribuée précédemment à Volodymyr Zelensky. Ce geste symbolique a contribué à amplifier les frictions entre les élites politiques des deux pays et à attirer l’attention sur des blessures historiques toujours vives dans la région.
Cette annonce est présentée par les autorités polonaises comme une réponse à une décision prise fin mai par le président ukrainien : le baptême, par les autorités de Kyiv, d’une unité militaire au nom de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Le choix de ce nom ravive des mémoires divergentes : pour de nombreux Ukrainiens, l’UPA est associée à la lutte pour l’indépendance vis-à-vis de l’Union soviétique ; pour de nombreux Polonais, elle reste liée à des épisodes de violence interethnique pendant la Seconde Guerre mondiale.
En Pologne, l’UPA est tenue responsable d’attaques meurtrières ayant visé des civils polonais, et des estimations évoquant « plus de 100 000 Polonais » tués figurent dans le discours public et historique polonais moderne. En Ukraine, l’organisation est souvent commémorée pour son combat contre l’occupation soviétique, bien que les historiens aient documenté la participation de certains membres de l’UPA à des crimes contre des civils et, dans certains cas, à l’antisémitisme et à des actions liées à l’époque de l’Holocauste.
Ces lectures concurrentes du passé expliquent en grande partie la sensibilité du choix du nom et la réaction polonaise. Le débat dépasse la seule commémoration : il touche à la manière dont les nations régionales construisent leur mémoire historique et à la façon dont ces récits influencent les relations diplomatiques contemporaines.
Sur le plan pratique, l’absence de Zelensky à la conférence ne signifie pas pour autant un retrait ukrainien du processus de reconstruction : la délégation conduite par la Première ministre permet à Kyiv de rester présente aux discussions et négociations prévues, tout en ménageant une réponse politique à l’escalade symbolique initiée par Varsovie.
La situation illustre aussi la complexité des relations entre alliés qui partagent des intérêts stratégiques communs — notamment face à l’agression russe — mais divergent sur des questions historiques et symboliques susceptibles d’entamer la confiance mutuelle.
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Enfin, sur la question historique liée à l’UPA et aux estimations du nombre de victimes, il est recommandé de se référer à des travaux d’historiens spécialisés et à des publications universitaires, car les chiffres et les interprétations varient selon les écoles historiques et les archives consultées.
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