Abstention française sur la résolution ONU qualifiant la traite des Africains et l'esclavage racialisé de plus graves crimes contre l'humanité, un choix diplomatique motivé par le refus de hiérarchiser les crimes et l'appel à un travail de mémoire
La France s'est abstenue sur la résolution ONU qualifiant la traite des Africains de crime majeur. Analyse de la position française et des enjeux autour
La France s’est abstenue lors d’un vote à l’ONU qui qualifie la traite transatlantique et l’esclavage racialisé des Africains de « plus graves crimes contre l’humanité ». Le ministre français des Affaires étrangères, Jean‑Noël Barrot, a expliqué cette position en marge d’une visite officielle à Lomé, affirmant que Paris « refuse de créer une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité ».
Contexte du vote et position française
La résolution, adoptée « fin mars » par 123 États, a recueilli 3 votes contre et 52 abstentions. Selon le texte de l’article original, les trois votes négatifs provenaient des États‑Unis, d’Israël et de l’Argentine, tandis que parmi les abstentions figuraient le Royaume‑Uni et plusieurs États membres de l’Union européenne, la France incluse. Le texte proclame que « la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains » constituent « les plus graves crimes contre l’humanité », et appelle les États à s’engager dans des mesures de réparation, incluant excuses formelles, compensations, politiques anti‑racisme et restitution des biens culturels pillés.
Interrogé le vendredi 25 avril à Lomé, où il effectuait une visite officielle de deux jours, Jean‑Noël Barrot a justifié l’abstention française par le principe de ne pas établir de « hiérarchie » entre crimes contre l’humanité. Il a précisé que refuser une mise en concurrence des souffrances n’empêche pas, selon lui, d’engager « un travail de mémoire et de vérité sur notre passé », en reconnaissant « ses facettes positives comme ses facettes les plus sombres ».
Déplacements diplomatiques et enjeux bilatéraux
La visite à Lomé marquait le premier déplacement d’un ministre français des Affaires étrangères dans ce pays depuis 2002, d’après l’article initial. Jean‑Noël Barrot a profité de son déplacement pour évoquer d’autres dossiers bilatéraux : il a indiqué avoir « plaidé » pour la levée de la suspension des diffusions de France 24 et Radio France internationale au Togo. Ces éléments, cités tels quels dans le texte remis à réécrire, mettent en lumière la combinaison d’objectifs mémoriels et de relations concrètes dans la diplomatie française en Afrique de l’Ouest.
La résolution onusienne vise à reconnaître la gravité et la persistance d’une injustice historique, en recommandant des mesures de réparation variées. Le texte appelle explicitement à des politiques publiques visant à combattre le racisme, à des excuses officielles et à la restitution de biens culturels et spirituels. Ces propositions s’inscrivent dans un débat international complexe sur la manière de traiter les conséquences contemporaines de la traite et de l’esclavage.
La France, en s’abstenant, souligne une tension fréquente dans les arènes multilatérales : concilier reconnaissance symbolique et exigences juridiques ou politiques de réparation. L’argument avancé — éviter de hiérarchiser les crimes contre l’humanité — traduit une volonté de préserver un principe d’égalité entre mémoires des atrocités, tout en appelant, selon la déclaration ministérielle, à un approfondissement du travail historique et mémoriel.
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