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Afghanistan coupure nationale des communications imposée par les talibans provoquant un quasi black out numérique avec moins de 1 de connectivité et la mise hors service de 8000 à 9000 pylônes paralysant banques médias et aides humanitaires

Le 29 septembre, les talibans ont suspendu les communications en Afghanistan, paralysant banques, médias et aides. Enquête sur l'impact et la durée.

L’Afghanistan a subi une coupure nationale des communications imposée par les autorités talibanes le lundi 29 septembre, plongeant le pays dans un quasi-black-out numérique. L’AFP a perdu le contact avec son bureau à Kaboul vers 15h15 (heure de Paris) tandis que l’organisation de surveillance Netblocks a indiqué que la connectivité était tombée à moins de 1 % de son niveau habituel. Selon un responsable gouvernemental cité anonymement, des milliers de pylônes de télécommunications devaient être mis hors service « jusqu’à nouvel ordre ». Les conséquences immédiates touchent les services bancaires, douaniers, les télécommunications et la circulation d’informations pour les citoyens et les acteurs humanitaires.

Chronologie et modalités de la coupure

Selon les éléments publiés le jour même, la coupure a été précédée de restrictions partielles dans plusieurs provinces, alors que, depuis le début du mois, les autorités talibanes avaient déjà limité l’accès à Internet et interrompu certaines connexions par fibre optique. L’ordre a été attribué au chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada, qui a, selon les communiqués et rapports antérieurs, demandé des mesures visant à « prévenir le vice » — formulation utilisée pour justifier des fermetures ou filtrages en matière de contenus numériques.

Netblocks, qui surveille en continu la disponibilité des réseaux internet, a décrit l’événement comme un « black-out total », mesurant une connectivité résiduelle inférieure à 1 % et notant une interruption rapide et globale des services. Un responsable taliban cité anonymement a en outre précisé que 8 000 à 9 000 pylônes de télécommunications seraient mis hors service, ce qui, en pratique, entraîne non seulement la perte d’accès à Internet mais aussi des perturbations des communications vocales et des services dépendant des lignes à fibre optique.

Conséquences pratiques et secteurs affectés

La coupure nationale a des répercussions directes sur la vie quotidienne et le fonctionnement des institutions : les services bancaires électroniques et les transactions sont perturbés, les opérations douanières et commerciales risquent d’être ralenties, et les ONG et agences humanitaires voient leur capacité de coordination fortement réduite. Les médias nationaux et internationaux présents sur place ont du mal à transmettre des informations en temps réel, ce qui complique la vérification indépendante des événements et des mesures prises par les autorités.

Techniquement, dans de nombreux pays en développement, l’infrastructure de télécommunications — voix et données — repose largement sur un réseau de fibres optiques partagé entre services. Couper physiquement l’accès à ces fibres entraîne donc souvent, comme l’a expliqué Netblocks, l’interruption concomitante de la téléphonie fixe et mobile, sauf à mettre en œuvre des solutions alternatives coûteuses et longues à déployer.

Contexte politique et précédents

Depuis leur retour au pouvoir en 2021, les talibans ont instauré un ensemble de restrictions sociales et médiatiques basées sur leur interprétation de la loi islamique. Les coupures locales ou temporaires d’accès à Internet n’étaient pas inédites, mais il s’agit, d’après les premières constatations des organisations de surveillance et de presse, de la première coupure nationale et prolongée de l’ensemble des communications dans l’Afghanistan post-2021.

Ce type de mesure s’inscrit dans une stratégie globale de contrôle de l’information et de gestion des flux numériques déjà observée dans d’autres États confrontés à des tensions internes, mais chaque contexte national présente des caractéristiques techniques et politiques spécifiques qui rendent les effets et la durée difficiles à prévoir sans informations complémentaires officielles et indépendantes.

Relevé · Fiabilité des sources citées

Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.

  1. – AFP : L’Agence France-Presse est une agence de presse internationale reconnue pour ses méthodes de vérification et son professionnalisme journalistique. La mention de la perte de contact avec son bureau à Kaboul constitue un témoignage direct et pertinent. Sa fiabilité est élevée, même si, dans un contexte de coupure nationale, l’agence peut être limitée dans sa capacité à vérifier certains détails sur place.

  2. – Netblocks : Organisation spécialisée dans la mesure de la censure et de la disponibilité des réseaux internet. Netblocks s’appuie sur des mesures techniques (sondes, observations de trafic) et est généralement considérée comme une source fiable pour quantifier des interruptions de réseau. Ses données doivent toutefois être comprises comme des observations techniques dépendant des points de mesure et complétées par des vérifications locales lorsque c’est possible.

  3. – Responsable gouvernemental anonyme : La déclaration citée concernant la mise hors service de 8 000 à 9 000 pylônes provient d’un interlocuteur anonyme. Cette source est difficile à vérifier indépendamment et peut refléter la position officielle ou une fuite contrôlée. Sa crédibilité est plus faible que celle d’AFP ou Netblocks en l’absence de confirmation par des documents officiels ou d’autres sources indépendantes.

  4. En synthèse, le tableau établi par l’AFP et Netblocks converge et donne une image cohérente d’une coupure massive des communications en Afghanistan, mais certaines précisions (durée, modalités exactes, décisions formelles des autorités) restent à confirmer par des sources officielles accessibles ou par des observations supplémentaires sur le terrain. Les conséquences humanitaires et économiques devraient être suivies de près par les organisations internationales et les médias jusqu’à la restitution complète des services ou la publication d’explications officielles détaillées.

L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.

La rédaction de Commons

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