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Ancien chef du renseignement allemand arrêté pour espionnage après la transmission présumée de milliers de documents classifiés

Espionnage en Allemagne : August Hanning, ancien chef du BND, est soupçonné d’avoir transmis des documents classifiés.

Un ancien président du Bundesnachrichtendienst (BND), le service de renseignement extérieur allemand, a été arrêté mardi 6 octobre 2026, avec un ancien collaborateur, dans le cadre d’une enquête pour espionnage, divulgation de secrets d’État et tentative de haute trahison. Les faits reprochés à August Hanning remontent principalement à la période qui a suivi son départ de la direction du BND.

Des accusations particulièrement lourdes

Selon le parquet fédéral allemand, August Hanning est « fortement soupçonné » de plusieurs infractions, parmi lesquelles l’espionnage constitutif de trahison, la collecte de secrets d’État, la tentative de haute trahison et des activités d’agent au profit d’un service de renseignement étranger. Ces qualifications relèvent, à ce stade, de soupçons formulés dans le cadre de l’enquête et ne constituent pas une condamnation.

Âgé de 80 ans, August Hanning a dirigé le BND de décembre 1998 à la fin novembre 2005. Son ancien collaborateur, identifié par le parquet sous le nom de Manfred D., a également été interpellé. Les arrestations ont été effectuées par des agents de l’Office fédéral de police criminelle, dans le sud de l’Allemagne pour Hanning et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie pour Manfred D. Des perquisitions ont par ailleurs été menées dans les propriétés des deux suspects, ainsi qu’à Berlin.

Manfred D. avait occupé le poste de chef de cabinet d’August Hanning lorsque celui-ci dirigeait le BND. Après le départ de Hanning, il a continué à exercer des fonctions liées au service de renseignement allemand et aurait conservé un accès à des informations confidentielles. D’après les enquêteurs, il aurait notamment travaillé, entre mars 2012 et mars 2026, auprès de plusieurs présidents successifs du BND.

Près de 2 000 documents transmis

Le parquet affirme que les deux hommes auraient conclu un accord au printemps 2010. En échange d’une rémunération, Manfred D. aurait transmis régulièrement à Hanning des informations provenant du BND. L’ancien responsable devait ensuite exploiter ces renseignements dans le cadre de son activité privée de conseil, lancée après ses fonctions publiques.

Selon l’état actuel des investigations, près de 2 000 documents auraient été remis au fil des années, au moins jusqu’en juin 2022. Une partie importante de ces documents aurait été classifiée et réservée à l’usage interne du BND. Certains auraient servi à préparer les réunions d’information destinées à la direction du service et aux principaux responsables des ministères et autorités de sécurité allemandes.

Le parquet évoque également un cas dans lequel August Hanning aurait utilisé des informations classifiées pour rédiger une analyse destinée à un collaborateur d’un service de renseignement étranger. Les autorités précisent toutefois qu’elles ne savent pas encore si cette analyse est effectivement parvenue à son destinataire. L’identité du service étranger concerné n’a pas été rendue publique. Hanning aurait en outre entretenu des contacts étroits avec un représentant d’un autre service de renseignement étranger.

Un juge chargé de l’instruction doit désormais se prononcer sur le placement des deux hommes en détention provisoire. La procédure devra notamment établir la nature exacte des informations transmises, les éventuels paiements effectués et l’usage qui en a été fait. À ce stade, les éléments communiqués par le parquet décrivent des soupçons et non des faits définitivement établis.

Une enquête déclenchée par une autre affaire

Les investigations visant l’ancien chef du BND auraient débuté à la suite de perquisitions réalisées dans un dossier distinct. August Hanning était alors soupçonné d’avoir joué un rôle dans une tentative d’enlèvement d’enfants liée au conflit familial de Christina Block, héritière d’une importante chaîne allemande de restaurants. Les autorités allemandes enquêtent sur les conditions dans lesquelles deux enfants auraient été soustraits à leur père, dans le cadre d’un différend sur leur garde.

Le lien entre cette affaire et l’enquête pour espionnage tient donc à la découverte d’éléments ayant conduit les enquêteurs à examiner les activités de Hanning et ses relations avec d’anciens collègues du BND. Aucun élément fourni par le parquet ne permet toutefois d’établir que les deux procédures reposent sur les mêmes faits.

Évaluation des sources : l’information principale repose sur le communiqué du parquet fédéral allemand, une source officielle et particulièrement solide pour confirmer les arrestations, les qualifications pénales retenues et le contenu des soupçons. Les précisions de l’agence Associated Press recoupent cette communication et apportent un éclairage journalistique indépendant. En revanche, les faits restent au stade de l’enquête : les accusations devront être vérifiées par la justice et les intéressés bénéficient de la présomption d’innocence.

La rédaction de Commons

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