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BNP Paribas jugée complice des exactions au Soudan par un jury new yorkais et condamnée à 20,75 millions de dollars trois plaignants obtiennent réparation la banque annonce un probable appel

Un jury new‑yorkais condamne BNP Paribas à 20,75 M$ pour complicité d'exactions au Soudan. Trois victimes obtiennent réparation; la banque annonce un

Un jury populaire de New York a déclaré, vendredi 17 octobre, la banque française BNP Paribas complice d’exactions commises au Soudan en ayant organisé des opérations commerciales dont une partie des recettes aurait financé l’armée et des milices liées au régime d’Omar el‑Béchir. Les plaignants, trois personnes d’origine soudanaise aujourd’hui citoyennes américaines, ont obtenu des dommages et intérêts d’un montant total de 20,75 millions de dollars pour les pertes et souffrances qu’ils ont alléguées devant le tribunal.

Contexte et éléments présentés au procès

Les trois plaignants ont raconté au cours du procès — qui a duré plus d’un mois — des actes d’emprisonnement, de torture, de violences physiques (brûlures au cigare, lacérations au couteau) et de pillage attribués aux forces armées soudanaises et aux milices Janjawid, que la partie plaignante présente comme déployées et armées par le régime soudanais. Ils imputent à BNP Paribas un rôle faciliteur en assurant des instruments financiers, notamment des lettres de crédit, qui auraient permis à des opérations d’import‑export de générer des flux profitant aux forces responsables de ces exactions.

Selon les éléments rapportés pendant le procès, la présence de BNP Paribas au Soudan s’étendrait de la fin des années 1990 à 2009, période durant laquelle la banque aurait traité des transactions impliquant ce pays. Le jury a estimé que l’établissement était responsable des dommages subis par les demandeurs et a fixé l’indemnisation à 20,75 millions de dollars au total.

La défense de BNP Paribas et ses antécédents judiciaires

BNP Paribas a contesté la démonstration de sa responsabilité, arguant que le lien de causalité entre ses opérations financières et les exactions alléguées n’avait pas été suffisamment établi et que le régime dirigé alors par Omar el‑Béchir aurait pu commettre les mêmes actes indépendamment de l’intervention de la banque. Un porte‑parole de l’établissement a déclaré que la décision était « manifestement erronée » et que la banque disposait « d’arguments très solides afin d’interjeter appel ». Une procédure d’appel est donc probable.

L’affaire s’inscrit dans un contexte judiciaire plus large pour BNP Paribas. En 2014, la banque avait conclu un accord avec la justice pénale américaine afin d’éviter un procès pénal, admettant avoir traité des opérations en dollars avec des pays soumis à l’embargo américain — dont le Soudan, l’Iran et Cuba — pour la période 2002‑2012, et reconnu avoir masqué la destination réelle de certaines transactions à destination du Soudan. En France, une enquête sur des faits semblables a été ouverte en 2019, indiquant que les autorités judiciaires françaises s’intéressent également aux pratiques de la banque durant la même période.

Étant donné ces antécédents, le jugement civil new‑yorkais s’ajoute à une série d’actions et d’enquêtes qui avaient déjà mis en lumière des manquements de conformité au sein de l’établissement bancaire.

Relevé · Fiabilité des sources citées

Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.

  1. L’article d’origine reprend plusieurs types de sources implicites : le verdict d’un jury, les témoignages des plaignants, la déclaration du porte‑parole de BNP Paribas et des références à des accords et enquêtes antérieurs (notamment l’accord américain de 2014 et l’ouverture d’une enquête en France en 2019). Ces éléments ont des degrés de fiabilité différents.

  2. – Le verdict du jury : il s’agit d’un fait public et vérifiable par le registre du tribunal et le dossier de procédure. La décision du jury est une source fiable pour rendre compte du résultat du procès civil, mais ne préjuge pas des recours possibles (appel) ni d’une responsabilité pénale.

  3. – Les témoignages des plaignants : ce sont des éléments factuels présentés au procès et consignés dans le compte rendu judiciaire. Ils constituent des preuves au civil mais sont, par nature, des récits faits par des parties partie prenante ; leur crédibilité est appréciée par le jury en fonction de la corroboration et des preuves présentées.

  4. – La déclaration du porte‑parole de BNP Paribas : c’est une source officielle mais par définition partiale ; utile pour rendre la position de la banque, elle doit être lue comme une défense publique et non comme une preuve indépendante.

  5. – L’accord de 2014 avec la justice américaine et l’enquête française de 2019 : ce sont des faits vérifiables via les communiqués du ministère de la Justice des États‑Unis et des annonces de la justice française. Les communiqués officiels et les actes judiciaires sont des sources primaires fiables pour confirmer l’existence de poursuites antérieures et d’avenants pénaux ou financiers.

  6. Pour approfondir et vérifier ces informations, il est recommandé de consulter le dossier judiciaire (décision et pièces du tribunal new‑yorkais), le communiqué du département de la Justice américain relatif à l’accord de 2014, ainsi que les communiqués ou actes du parquet français liés à l’enquête de 2019.

  7. En l’état, le verdict civil et les antécédents judiciaires cités constituent des éléments solides pour informer le public, tandis que les témoignages et les déclarations publiques nécessitent d’être replacés dans le dossier judiciaire complet pour une appréciation précise de la preuve et des responsabilités en appel.

L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.

La rédaction de Commons

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