Cisjordanie : l’ONU réclame la protection des agriculteurs palestiniens face aux violences pendant la récolte des olives
Agriculteurs palestiniens : découvrez l’appel des experts de l’ONU à protéger les récoltes et l’accès aux terres en Cisjordanie.
Sept experts mandatés par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies ont appelé, lundi 19 octobre 2026, Israël à protéger les agriculteurs palestiniens de Cisjordanie occupée et à garantir leur accès aux terres. Leur intervention intervient au début de la récolte annuelle des olives, dans un contexte de violences de colons et de restrictions dénoncées par ces experts.
Leur demande porte sur deux conditions essentielles au déroulement de la campagne agricole : permettre aux cultivateurs de rejoindre leurs parcelles et assurer leur sécurité pendant la récolte. Les experts mettent ainsi en garde contre la répétition des violences et des destructions constatées les années précédentes, plutôt que de présenter un bilan définitif de la saison en cours.
Une alerte pour protéger les agriculteurs et leurs terres
Les signataires dénoncent une situation dans laquelle les travaux agricoles restent exposés aux attaques, aux dommages matériels et aux entraves à la circulation. Ils demandent aux autorités israéliennes de garantir une récolte sans violence. Leur appel associe donc la protection physique des agriculteurs à la possibilité effective de travailler leurs terres : assurer l’une sans l’autre ne répondrait pas à la demande formulée.
Ces prises de position doivent être attribuées précisément. Les experts disposent d’un mandat du Conseil des droits de l’homme, mais ne s’expriment pas au nom de l’ensemble de l’ONU. Cette distinction, rappelée dans l’article d’origine, permet de ne pas confondre leur alerte avec une déclaration commune de toutes les instances de l’organisation.
Le bilan de 2025 donne la mesure des violences documentées
Les chiffres cités renvoient à la récolte précédente, et non à celle de 2026. Entre le 1er octobre et le 30 novembre 2025, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a documenté 178 attaques de colons liées à la récolte des olives, ayant entraîné des victimes, des dégâts matériels ou les deux. Au total, 88 villes et villages palestiniens ont été touchés.
Plus de 6 000 arbres et jeunes plants ont également été vandalisés en 2025, selon l’OCHA. Les dommages aux plantations ont atteint leur niveau le plus élevé en six ans. Le nombre de localités affectées souligne, lui aussi, l’étendue géographique des violences : il s’agissait du total le plus important enregistré depuis 2020. Ces indicateurs décrivent des dimensions différentes du phénomène, qu’il convient de ne pas confondre.
Le bilan doit toutefois être lu avec nuance. Le nombre d’attaques recensées pendant cette période de 2025 était inférieur à celui de la période correspondante de 2024. Cela n’invalide pas l’alerte sur la gravité des violences, mais empêche de présenter chaque indicateur comme étant systématiquement en hausse. Les chiffres de 2025 ne suffisent pas non plus à établir, à eux seuls, l’évolution de la récolte de 2026.
Des ordres militaires suscitent aussi l’inquiétude
Les experts se disent également alarmés par des ordres qu’ils attribuent aux autorités militaires israéliennes, émis en septembre 2026. Ceux-ci porteraient sur l’élimination de la végétation sur environ 339 000 mètres carrés de terres agricoles palestiniennes, dans le nord et le centre de la Cisjordanie occupée. Des secteurs plantés d’oliviers à Jénine, Qabatiya et Beit Rima sont notamment concernés, selon leur déclaration.
Des sources identifiables, avec des limites à préciser
Pour les statistiques de 2025, l’OCHA constitue une source institutionnelle directement identifiable : son bilan précise la période étudiée et les catégories d’incidents comptabilisés. Il offre donc une base solide pour les chiffres repris dans l’article, sans que ceux-ci doivent être interprétés comme un recensement de toutes les difficultés rencontrées par les agriculteurs.
La déclaration des experts est, quant à elle, une source pertinente pour rapporter leur alerte et leurs demandes. Sa reproduction par The National Tribune est explicitement présentée comme un communiqué attribué au Haut-Commissariat aux droits de l’homme, et non comme une enquête indépendante. Concernant les ordres militaires, l’attribution aux experts demeure indispensable : leur déclaration rapporte leur analyse, sans présenter de réponse des autorités israéliennes sur ces mesures.