Cour suprême américaine refuse le pourvoi de Ghislaine Maxwell et confirme sa peine fédérale de 20 ans dans l'affaire Jeffrey Epstein, rejetant l'argument d'un accord de non poursuite et maintenant les décisions inférieures
La Cour suprême rejette le pourvoi de Ghislaine Maxwell, sa peine fédérale de 20 ans est maintenue. Consultez l'ordonnance et les mémoires.
La Cour suprême des États-Unis a rejeté, sans motivation publique, la demande de pourvoi de Ghislaine Maxwell le lundi 6 octobre, confirmant qu’elle devra, sauf grâce présidentielle ou réduction de peine, purger la totalité de sa condamnation fédérale à 20 ans de prison. Incarcérée au Texas, l’ancienne compagne et associée de Jeffrey Epstein contestait sa condamnation pénale obtenue au terme d’un procès fédéral et d’une procédure de condamnation qui s’est achevée par une peine prononcée en 2022.
Les enjeux juridiques du pourvoi
Le recours porté devant la plus haute juridiction américaine visait un point précis de droit procédural : l’avocate et l’équipe de défense de Ghislaine Maxwell soutenaient que le ministère public fédéral de New York n’aurait pas dû la poursuivre en vertu d’un accord conclu entre le parquet fédéral de Floride et Jeffrey Epstein dans les années 2007–2008, accord qui avait abouti à une entente de non-poursuite contre Epstein lui‑même dans une affaire d’abus sexuels.
La thèse de la défense n’attaquait pas directement les accusations matérielles d’exploitation sexuelle mais mettait en cause l’application de la promesse faite, selon eux, par un bureau du ministère de la Justice dans un autre ressort territorial. L’avocat de Maxwell a argué que l’affaire portait « sur ce que le gouvernement a promis, pas sur ce qu’a fait Epstein », et a reproché au ministère de la Justice d’avoir détourné l’attention vers la conduite du magnat plutôt que vers l’engagement pris envers la défense.
Le ministère de la Justice s’est opposé fermement à cette stratégie en juillet, affirmant que l’argument de la défense ne justifiait pas l’annulation de la condamnation ni l’empêchement des poursuites engagées à New York. La Cour suprême, en refusant le pourvoi sans motif publié (denial of certiorari), n’a pas tranché le fond de l’argumentation ; elle a simplement refusé d’examiner la question. Concrètement, cela signifie que les décisions des juridictions inférieures, qui ont confirmé la validité des poursuites et de la condamnation, restent en vigueur.
Conséquences pratiques et politique
Sur le plan pratique, l’arrêtage du pourvoi par la Cour suprême ferme la voie judiciaire fédérale immédiate pour obtenir la libération de Maxwell, sauf recours extraordinaires tels qu’une grâce présidentielle ou une demande de réduction de peine. Le président Donald Trump a déclaré, interrogé sur la possibilité d’une grâce, qu’il « ne savait rien » du dossier et qu’il en discuterait avec le ministère de la Justice si nécessaire, une formule qui laisse la question ouverte sans engagement.
Politiquement, l’affaire reste sensible. Les accords de non‑poursuite conclus par des bureaux du ministère public, et la transparence autour de ces ententes, ont fait l’objet d’un examen public renforcé depuis la mort de Jeffrey Epstein et les révélations autour de ses relations. Le refus de la Cour suprême d’examiner le pourvoi ne statue pas sur la légitimité des accords antérieurs mais met fin à une voie procédurale visant à contester les condamnations sur ce fondement particulier.
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