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Crise humanitaire au Soudan RDC et Colombie les plus négligées selon le NRC entre financements en baisse couverture médiatique limitée et absence de volonté politique internationale

Le NRC alerte : la crise humanitaire au Soudan, en RDC et en Colombie reste sous-financée et peu couverte. Chiffres clés et enjeux expliqués.

Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) place le Soudan, la République démocratique du Congo (RDC) et la Colombie en tête de son classement des « crises les plus négligées ». Dans son dernier rapport, l’ONG invoque trois critères pour établir cette liste : l’insuffisance des financements humanitaires, la faible couverture médiatique et l’absence de volonté politique de la communauté internationale. Ces carences, affirme le NRC, expliquent pourquoi des situations d’une gravité extrême restent largement invisibles ou oubliées.

Un Soudan aux dimensions d’une catastrophe humanitaire oubliée

Selon le communiqué du NRC publié le 4 juin, le Soudan compte plus de neuf millions de déplacés internes et près de quatre millions de réfugiés ayant fui vers des pays voisins. Près de 19,5 millions de personnes y souffriraient de la faim. Le pays est plongé depuis 2023 dans un conflit sanglant opposant des factions militaires — notamment les forces gouvernementales et les Forces de soutien rapide (FSR) —, dirigées par deux généraux rivaux.

Jan Egeland, secrétaire général du NRC, s’étonne qu’une crise de déplacement comparable, à leur pic, à celles de la Syrie ou de l’Ukraine « puisse continuer de s’aggraver quasiment sans qu’on la remarque ». Il souligne en particulier le paradoxe suivant : alors que les besoins haussent fortement, les financements dédiés ont diminué, aggravant l’écart entre besoins et aides disponibles.

RDC et Colombie : violences récurrentes et financement insuffisant

La RDC figure pour la dixième année consécutive sur la liste des crises négligées. Le NRC rappelle qu’en 2025 le pays n’avait reçu que 27,4 % des financements requis, laissant plus de 21 millions de personnes en situation de besoin. À ces besoins s’est récemment ajoutée une nouvelle épidémie d’Ebola, qui vient s’ajouter aux violences chroniques dans l’est du pays. Le NRC met en garde contre l’effet cumulatif de ces crises sanitaires et sécuritaires sur des populations déjà fragiles.

La Colombie, pour sa part, est décrite comme enfermée dans « les montagnes russes de l’oubli ». En proie à des décennies de conflit mêlant groupes armés, narcotrafic et violences locales, le pays ne parvient pas à offrir des solutions durables aux personnes affectées. Giovanni Rizzo, responsable du NRC en Colombie, insiste sur le caractère répétitif des déplacements internes : de nombreux ménages sont déplacés à plusieurs reprises, sans perspective de sortie permanente de la crise.

Aux côtés de ces trois pays, le NRC pointe aussi le Yémen, l’Afghanistan, le Honduras, l’Équateur, le Cameroun, le Nigeria et le Mozambique comme des crises largement sous-financées et sous-couvertes médiatiquement.

Pourquoi ces situations restent-elles négligées ?

Le rapport du NRC met en évidence plusieurs facteurs structurels. D’une part, la montée du nationalisme et des politiques de repli dans certains pays riches réduit la volonté politique d’intervenir ou d’augmenter les contributions aux mécanismes humanitaires internationaux. D’autre part, une attention médiatique limitée finit par influer sur l’agenda politique et les priorités de financement : moins on parle d’une crise, moins elle attire de fonds et d’efforts diplomatiques.

Le NRC pointe enfin un cercle vicieux : la réduction des financements accroît la vulnérabilité des populations et la difficulté pour les acteurs humanitaires d’intervenir, ce qui peut rendre une crise encore moins visible et plus longue à résoudre.

Relevé · Fiabilité des sources citées

Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.

  1. Le texte original s’appuie principalement sur les chiffres et analyses du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC). Le NRC est une ONG humanitaire internationale reconnue pour son travail auprès des populations déplacées et réfugiées, active sur de nombreux terrains. Ses rapports reposent habituellement sur des données collectées sur le terrain et sur des synthèses d’agences humanitaires et d’organisations internationales.

  2. En l’état, l’utilisation des éléments fournis par le NRC est pertinente pour dénoncer des tendances (sous-financement, faible visibilité médiatique, manque de volonté politique). Toutefois, pour un dossier approfondi et vérifiable, il serait souhaitable de croiser ces éléments avec des sources complémentaires : statistiques des Nations unies (OCHA, UNHCR, FAO), bilans sanitaires nationaux ou publications d’autres ONG présentes sur place. Le communiqué du NRC constitue une base solide d’alerte, mais sa portée factuelle gagnerait en robustesse si elle était corroborée par ces sources indépendantes.

  3. Enfin, le lecteur doit garder en tête que les chiffres humanitaires évoluent rapidement : le classement et les pourcentages de financement cités reflètent les constats et données publiés par le NRC au moment de son communiqué et doivent être replacés dans leur temporalité pour être interprétés correctement.

L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.

La rédaction de Commons

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