Donald Trump signe la loi Graham et renforce la pression américaine sur la Russie, son énergie et ses partenaires commerciaux
Sanctions contre Russie : Trump signe la loi Graham, cible l’énergie russe et peut imposer des droits de douane jusqu’à 100 %.
Donald Trump a signé, vendredi 18 septembre 2026, une vaste loi prévoyant de nouvelles sanctions contre la Russie en raison de la guerre en Ukraine. Le texte vise notamment les responsables russes, le secteur énergétique et les réseaux utilisés par Moscou pour contourner les restrictions internationales. Il donne aussi au président américain la possibilité d’imposer de lourds droits de douane aux pays qui continuent d’acheter du pétrole et du gaz russes.
Cette promulgation constitue la première initiative législative majeure du Congrès américain contre Moscou depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Le texte, adopté par les deux chambres avec des majorités bipartisanes, porte le nom du sénateur républicain Lindsey O. Graham, son principal promoteur. Celui-ci est mort en juillet 2026, après avoir consacré plus d’un an à défendre ce projet de loi.
Un dispositif dirigé contre l’appareil russe
La loi renforce les sanctions visant des responsables russes, des établissements financiers et des acteurs liés à l’industrie de la défense. Elle cible également la « flotte fantôme », un ensemble de navires et de sociétés utilisés pour transporter du pétrole russe en échappant aux mécanismes de contrôle et aux restrictions déjà en vigueur.
Le secteur de l’énergie occupe une place centrale dans le dispositif. Les mesures cherchent à réduire les revenus dont dispose le Kremlin pour financer son effort de guerre en Ukraine. Elles prévoient des sanctions dites secondaires, susceptibles de toucher des entreprises ou des pays qui faciliteraient les exportations russes ou contribueraient à leur maintien.
La loi s’inscrit ainsi dans la continuité des mesures prises par les États-Unis et leurs alliés depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Elle ajoute toutefois un nouvel instrument de pression en donnant à Donald Trump une marge de manœuvre importante vis-à-vis des principaux acheteurs d’hydrocarbures russes.
Une menace de droits de douane pouvant atteindre 100 %
Le président américain peut désormais imposer des droits de douane allant jusqu’à 100 % sur les importations provenant de pays qui achètent du pétrole ou du gaz russes. La disposition vise en particulier des partenaires commerciaux majeurs de Moscou, parmi lesquels la Chine et l’Inde.
Ces sanctions commerciales ne sont toutefois pas automatiques. La loi confère à Donald Trump le pouvoir de les appliquer, mais leur déclenchement dépendra d’une décision de la Maison-Blanche. Cette latitude était une condition importante pour obtenir l’adhésion du président, qui s’était montré hésitant face à un texte susceptible de limiter sa capacité à conduire sa propre politique diplomatique.
Le dispositif pourrait placer Washington dans une situation délicate. Une taxation visant la Chine, l’Inde ou d’autres acheteurs importants de pétrole russe risquerait d’avoir des répercussions sur les relations commerciales américaines. Elle pourrait également provoquer des tensions avec des pays qui ne soutiennent pas directement l’invasion de l’Ukraine, mais continuent de s’approvisionner auprès de Moscou.
Une promulgation aux conséquences encore incertaines
Le texte a été adopté par le Sénat avec 86 voix contre 11, puis par la Chambre des représentants avec 262 voix contre 159. Son adoption a bénéficié du soutien de nombreux élus démocrates et républicains, ainsi que de celui du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui milite depuis longtemps pour un durcissement de la pression économique exercée sur la Russie.
Pour autant, l’efficacité de la nouvelle loi dépendra largement de sa mise en œuvre. Les autorités américaines devront déterminer quelles entités sanctionner, comment contrôler les circuits maritimes et financiers concernés et dans quelles circonstances utiliser les droits de douane. La Maison-Blanche conserve par ailleurs une importante capacité d’assouplissement ou de dérogation, notamment si des progrès diplomatiques sont enregistrés.
Les informations disponibles proviennent principalement de dépêches de l’Associated Press et de Reuters, ainsi que de comptes rendus du Monde. Ces sources sont généralement considérées comme fiables pour le suivi de l’actualité internationale et se corroborent sur les faits essentiels : la signature du texte le 18 septembre 2026, son contenu général et son adoption préalable par le Congrès. Les éléments relatifs aux intentions futures de Donald Trump ou aux conséquences économiques de la loi doivent en revanche être considérés avec prudence, car ils relèvent encore de scénarios possibles plutôt que de résultats observés.