Étude du CSIS estime près de deux millions de pertes militaires en Ukraine de février 2022 à décembre 2025 la Russie subit l essentiel des pertes et l Ukraine compte 500 600000 victimes dont 100 140000 morts estimations sujettes à marges d erreur
Le CSIS estime près de 2 millions de pertes militaires (févr.2022–déc.2025). Lisez notre synthèse des méthodes, sources et marges d'erreur.
La guerre en Ukraine continue de produire un bilan humain extrêmement lourd et difficile à estimer avec précision. Une étude publiée le 27 janvier par le Center for Strategic and International Studies (CSIS), un cercle de réflexion américain, avance une fourchette culminant à près de deux millions de victimes militaires pour les deux camps — tués, blessés et disparus confondus — depuis le début de l’invasion en février 2022. Selon le CSIS, la Russie aurait subi la part la plus importante de ces pertes, avec environ 325 000 morts sur un total d’environ 1,2 million de victimes russes depuis le début du conflit, tandis que l’Ukraine compterait entre 500 000 et 600 000 victimes, dont 100 000 à 140 000 morts, sur la période février 2022–décembre 2025. Le CSIS estime que le total combiné pourrait atteindre deux millions au printemps 2026 si les tendances se poursuivent.
Estimations et méthodes : comment lire ces chiffres
Les chiffres avancés par le CSIS reposent sur des modèles empiriques qui agrègent sources ouvertes, données publiques, rapports de combat et extrapolations statistiques. Ces méthodes visent à corriger les lacunes des comptages officiels, mais elles impliquent des hypothèses sur les ratios tués/blessés, les disparitions et la durée des engagements qui peuvent produire des marges d’erreur importantes.
Il est par ailleurs essentiel de distinguer les catégories : militaires versus civils, morts versus blessés versus disparus. Le CSIS se concentre sur les pertes militaires des deux armées, alors que des organisations internationales, comme la mission des droits humains de l’ONU en Ukraine (OHCHR), publient des comptages distincts pour les victimes civiles. Le rapport de l’ONU cité pour 2025 relève que cette année a été « la plus meurtrière » depuis 2022, avec plus de 2 500 civils tués, et recense près de 15 000 civils ukrainiens tués et 40 600 blessés depuis le début du conflit — chiffres que l’ONU considère toutefois comme très probablement sous-estimés en raison de l’accès limité à certaines zones.
Sources additionnelles et recensements nominaux
Parallèlement aux estimations par modélisation, des médias et collectifs indépendants ont tenté des recensements nominaux. Mediazona, média indépendant russe, et la BBC ont compilé les noms de 163 600 militaires russes morts depuis le début de la guerre, en s’appuyant uniquement sur cas confirmés publiquement (annonces officielles, notices, réseaux sociaux, registres publics). Ce type de comptage fournit un « plancher » — il confirme au moins autant de décès — mais ne prétend pas couvrir la totalité des pertes, car de nombreux cas ne sont pas rendus publics ou sont difficiles à vérifier.
Relevé · Fiabilité des sources citées
Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.
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CSIS : think tank américain reconnu pour ses travaux stratégiques et ses analyses militaires. Sa réputation académique est solide, mais ses estimations reposent sur des modèles qui nécessitent des hypothèses explicites. Elles sont utiles pour dessiner des ordres de grandeur et repérer des tendances, mais doivent être lues avec prudence : les marges d’erreur peuvent être larges, et les comparaisons historiques (par exemple l’affirmation selon laquelle « aucune grande puissance n’a subi autant de pertes depuis la Seconde Guerre mondiale ») nécessitent des mises en perspective et des vérifications complémentaires.
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ONU (OHCHR) : la mission des droits humains de l’ONU est une source institutionnelle crédible pour les victimes civiles, avec des méthodologies documentées. Elle admet cependant des sous-comptages importants, notamment pour les premiers mois du conflit et pour les territoires difficilement accessibles. Les chiffres de l’ONU constituent un minimum vérifié, mais probablement inférieur à la réalité.
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Mediazona et BBC : ces recensements nominaux sont transparents sur leur méthodologie (collecte de cas confirmés publiquement) et fournissent des preuves concrètes de pertes individuelles. Ils sont fiables pour établir un plancher documenté, mais intrinsèquement incomplets. Mediazona, en particulier, travaille dans un environnement médiatique russe de plus en plus contraint, ce qui peut limiter l’accès à certaines informations. La BBC applique des standards journalistiques rigoureux, mais dépend des sources publiques et des signalements.
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Gouvernements et sources officielles : les données officielles russes et ukrainiennes sur les pertes sont souvent divergentes et politisées. Les autorités ont intérêt à maîtriser la communication pour des raisons militaires et politiques, ce qui réduit la fiabilité des chiffres officiels isolés.
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En synthèse, les différents jeux de données convergent vers la réalité d’un coût humain très élevé et en croissance continue, mais les estimations précises varient selon les méthodes. Les travaux du CSIS fournissent une estimation globale et alarmante fondée sur la modélisation ; l’ONU apporte un point de vue institutionnel sur les victimes civiles, et Mediazona/BBC documentent un minimum vérifié de pertes russes. Ensemble, ces sources sont complémentaires, mais aucune ne permet aujourd’hui d’affirmer un total définitif sans incertitude substantielle.
L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.