Extradition de Hicham Harb vers la France relance le dossier de l'attentat de la rue des Rosiers près de 44 ans après les faits la Cour de cassation a validé la tenue d'un procès et plusieurs mandats internationaux pèsent sur le suspect
L'extradition Hicham Harb relance le dossier de l'attentat de la rue des Rosiers. Suivez les suites judiciaires et les implications internationales.
L’Autorité palestinienne a procédé à l’extradition vers la France de Hicham Harb, l’un des suspects visés par les enquêtes sur l’attentat de la rue des Rosiers à Paris en 1982, a indiqué jeudi 16 avril son avocat, Ammar Dweik. Selon Me Dweik, joint depuis Jérusalem, la famille de M. Harb l’a informé avoir reçu la notification officielle de l’extradition. L’avocat a précisé que l’opération avait eu lieu le même jour.
Un dossier ancien, des procédures relancées
L’attentat commis le 9 août 1982 dans le quartier du Marais avait fait six morts et 22 blessés : une grenade explosée dans le restaurant Jo Goldenberg, suivie d’une fusillade attribuée à un commando de trois à cinq hommes. Ces violences ont été attribuées à l’époque au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d’Abou Nidal, mouvement dissident de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).
Près de 44 ans après les faits, la plus haute juridiction française, la Cour de cassation, a confirmé en février la tenue d’un futur procès concernant certains des accusés. La décision faisait suite à des contestations de la procédure formulées par deux prévenus : Abou Zayed, présenté comme l’un des tireurs, de nationalité norvégienne d’origine palestinienne et détenu en France depuis 2020 ; et Hazza Taha, né en Cisjordanie, soupçonné d’avoir dissimulé des armes à l’époque, placé sous contrôle judiciaire en France.
Le rôle attribué à Hicham Harb et l’étendue des poursuites
Hicham Harb figure parmi les quatre suspects visés par un mandat d’arrêt lié à l’enquête sur la rue des Rosiers. Les autorités palestiniennes avaient annoncé son arrestation en septembre 2025. Dans un entretien au quotidien Le Figaro à la fin de 2025, le président palestinien Mahmoud Abbas avait déclaré qu’il rembourserait favorablement une demande d’extradition de la France, en estimant que la reconnaissance par Paris de l’État de Palestine « avait créé un cadre approprié » pour répondre à cette demande. Cette déclaration avait été interprétée comme un engagement politique à coopérer avec les autorités judiciaires françaises.
Outre la France, Hicham Harb est aussi visé par un mandat d’arrêt allemand datant de 1988 en lien avec un attentat à l’aéroport de Francfort en 1985. Des enquêteurs italiens s’intéressent par ailleurs à son éventuelle implication présumée dans une attaque contre une synagogue à Rome en 1982. Ces éléments montrent que le dossier le concernant est multipartite et concerne plusieurs juridictions européennes, ce qui complexifie les procédures et les demandes d’extradition.
La nature transnationale des accusations illustre la difficulté, pour les enquêteurs et les magistrats, de reconstituer des responsabilités sur des faits anciens : témoins dispersés, preuves éparses, et évolutions politiques influant parfois sur la coopération judiciaire entre États.
Pour la France, l’extradition de M. Harb représente une étape importante vers la tenue du procès annoncé par la Cour de cassation. Elle intervient dans un contexte où au moins deux autres suspects sont déjà sous le coup de mesures judiciaires en France, tandis que d’autres restent recherchés ou visés par des mandats internationaux.
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