Gérald Darmanin à Alger pour 24 heures enjeux de coopération judiciaire lutte contre le narcotrafic et dossier Christophe Gleizes dans le cadre du réchauffement des relations franco‑algériennes après deux ans de tensions
Gérald Darmanin négocie la coopération judiciaire et la lutte contre le narcotrafic à Alger. Lisez les points clés et les perspectives pour Christophe
Une visite « express » au cœur d’un réchauffement diplomatique
Arrivé dimanche 17 mai en fin de journée à Alger pour une visite de 24 heures, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin effectue un déplacement diplomatique à forte valeur symbolique et politique. Cette présence intervient après une série de contacts récents — notamment les déplacements de Laurent Nuñez en février et d’Alice Rufo début mai — et s’inscrit dans une séquence de rapprochement progressive entre Paris et Alger après près de deux ans de tensions.
Le garde des Sceaux est attendu en particulier pour rencontrer son homologue Lotfi Boudjemaa et, potentiellement, le président Abdelmadjid Tebboune. Selon les éléments communiqués par son cabinet, les entretiens viseront à consolider la coopération judiciaire, à renforcer la lutte contre le narcotrafic et à évoquer des dossiers individuels sensibles, dont la situation du journaliste français Christophe Gleizes, incarcéré en Algérie depuis mai 2024.
Coopération judiciaire et lutte contre la criminalité organisée
L’un des volets majeurs de ce déplacement porte sur la lutte contre le narcotrafic et la criminalité transnationale. Le cabinet du ministre indique que la France souhaite accélérer la coopération avec Alger sur des dossiers visant des réseaux actifs entre les deux rives de la Méditerranée, citant en particulier la DZ Mafia, un réseau marseillais devenu une priorité pour les autorités françaises.
Les autorités françaises estiment que certains membres ou relais de ce réseau pourraient opérer depuis le territoire algérien — notamment pour organiser des flux financiers ou tenter d’échapper à la justice hexagonale. Pour faire avancer ces enquêtes, Gérald Darmanin se déplace accompagné de hauts magistrats : Laureline Peyrefitte (directrice des affaires criminelles et des grâces), Vanessa Perrée (procureure nationale anticriminalité organisée) et Pascal Prache (procureur national financier). Leurs rencontres avec des homologues algériens visent à « renouer le contact » et à traiter les « dizaines de demandes » d’entraide judiciaire évoquées par Paris pour des dirigeants présumés de la DZ Mafia.
Le cas de Christophe Gleizes et les moyens diplomatiques
Parmi les « affaires individuelles sensibles » que le garde des Sceaux est invité à soulever figure le dossier de Christophe Gleizes. Journaliste sportif arrêté en mai 2024 en Kabylie alors qu’il réalisait un reportage, il a été condamné en appel en juin 2025 à sept ans de prison pour apologie du terrorisme, selon les informations rapportées par le cabinet. La France a obtenu des visites consulaires, selon la même source, et évoque désormais la possibilité d’une grâce présidentielle algérienne comme piste de sortie — option qui reste, dans les communications officielles, présentée avec prudence afin de ne pas compromettre les négociations en cours.
Contexte politique et points de tension récents
Le réchauffement actuel survient après une détérioration des relations franco‑algériennes à l’été 2024, liée au positionnement de la France en faveur d’un plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, puis à la crispation provoquée par l’arrestation et la condamnation de l’écrivain Boualem Sansal. En parallèle, l’affaire d’enlèvement impliquant l’influenceur Amir Boukhors (dit Amir DZ) et la mise en examen, en France, de trois hommes dont un agent consulaire algérien à Créteil, a de nouveau ravivé les tensions au printemps 2026.
Ce contexte complexe explique les précautions publiques des autorités françaises et la volonté affichée d’Emmanuel Macron de maintenir le dialogue, y compris face aux critiques d’obédiences politiques plus fermes sur la méthode à adopter vis‑à‑vis d’Alger.
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