Hongrie présidente du Conseil de l'UE : tensions avec Bruxelles à craindre.
Après l’Espagne et la Belgique, la Hongrie prend la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne pour six mois à partir du 1er juillet. Cette rotation implique la gestion des travaux législatifs de l’UE, l’élaboration de sa politique étrangère et de sécurité, ainsi que l’adoption de son budget. Le ministre hongrois des Affaires européennes, Janos Boka, souligne l’engagement de Budapest à agir en médiateur impartial tout en promouvant sa vision de l’Europe. Cependant, la ligne politique populiste et ultraconservatrice du Premier ministre Viktor Orban, soutenue par le parti Fidesz, a suscité des inquiétudes en raison de son positionnement eurosceptique et nationaliste, ainsi que de sa proximité avec Moscou.
Les inquiétudes concernant le respect de l’État de droit et des valeurs européennes par la Hongrie ont été soulignées par une résolution adoptée par le Parlement européen en juin 2023. Cette résolution met en lumière les efforts délibérés du gouvernement hongrois pour affaiblir les fondements de l’UE, en mettant en avant des problèmes liés à la corruption, aux atteintes à la liberté d’expression, à la liberté académique et aux droits des personnes LGBTQI+. Ces préoccupations ont conduit la Commission européenne à engager des procédures pour sanctionner la Hongrie, notamment en suspendant une partie des fonds européens destinés au pays.
Dans le cadre de sa présidence du Conseil de l’UE, la Hongrie n’a pas été un allié inconditionnel de l’Union européenne sur tous les sujets. En effet, Budapest a tenté de bloquer des aides à l’Ukraine et a cherché à limiter les sanctions contre la Russie, adoptant ainsi une position différenciée par rapport à la politique générale de l’UE envers ces deux pays. Cette approche a suscité des tensions au sein de l’Union européenne, en particulier sur la question des relations avec la Russie et l’Ukraine.
Malgré sa présidence du Conseil de l’UE, la Hongrie ne devrait pas exercer une influence déterminante sur les sujets sensibles tels que les relations avec la Russie, l’Ukraine ou la question migratoire. Les décisions importantes ont été prises en amont de sa présidence, limitant ainsi sa marge de manœuvre sur ces dossiers. Par ailleurs, la condamnation récente par la justice européenne de la Hongrie pour violation grave des règles de l’UE en matière d’asile souligne les tensions persistantes entre Budapest et Bruxelles sur certaines questions clés.
La question des migrations et de l’asile fait également partie des préoccupations de la présidence hongroise, malgré les condamnations de la justice européenne pour les politiques restrictives mises en place par la Hongrie. Budapest affirme qu’elle accordera une attention particulière à la dimension extérieure de la migration et s’engage à coopérer efficacement avec les pays tiers concernés, à améliorer les retours et à proposer des solutions innovantes en matière d’asile.
Alors que la présidence hongroise du Conseil de l’UE débute, les regards restent attentifs aux actions et prises de position de Budapest sur la scène européenne. Malgré les critiques et les diverg