Incident en mer Baltique une frégate russe lance des fusées éclairantes vers un hélicoptère militaire danois au large de Gedser
Incident russo danois en mer Baltique : Copenhague dénonce des tirs de fusées éclairantes vers un hélicoptère militaire et convoque Moscou.
Une frégate russe a lancé deux fusées éclairantes en direction d’un hélicoptère militaire danois qui effectuait une mission de routine au-dessus de la mer Baltique, au large de Gedser, dans le sud du Danemark. Selon les autorités danoises, l’une de ces fusées est passée à faible distance de l’appareil. Copenhague a dénoncé un comportement jugé dangereux et convoqué l’ambassadeur de Russie.
Une mission de surveillance au large de Gedser
L’incident s’est produit le lundi 14 septembre 2026, alors qu’un hélicoptère Fennec de l’armée de l’air danoise réalisait des prises de vue d’une frégate russe naviguant dans les eaux internationales, au sud de l’île de Falster. Dans un communiqué publié dans la soirée, la Défense danoise a indiqué que le navire avait tiré deux « flares », des dispositifs pyrotechniques généralement utilisés pour signaler une présence ou détourner d’éventuelles menaces.
Le terme est important : il ne s’agit pas de missiles ni de tirs d’armes conventionnelles. Toutefois, la proximité de l’une des fusées éclairantes avec l’hélicoptère a été considérée comme suffisamment préoccupante par les autorités danoises. Dans son communiqué, l’armée a précisé que l’engin était passé « à courte distance » de l’appareil. Aucun dégât ni blessé n’a été signalé à ce stade.
La Défense danoise présente cette mission comme une opération photographique de routine. Le communiqué officiel ne fournit pas, en revanche, de détails sur la distance exacte entre l’hélicoptère et la frégate, ni sur les circonstances précises ayant précédé le lancement des fusées éclairantes. Ces éléments devront être établis avant de tirer des conclusions définitives sur l’intention de l’équipage russe.
Copenhague dénonce une attitude « totalement inacceptable »
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a qualifié l’incident d’« irresponsable ». Le ministre des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, l’a pour sa part décrit comme « totalement inacceptable », estimant qu’il aurait pu mettre en danger les personnes présentes à bord de l’hélicoptère.
Le chef de la diplomatie danoise a également accusé Moscou de repousser progressivement les limites de ce qui peut être considéré comme un comportement acceptable. Cette déclaration s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre la Russie et les pays nordiques, fortement engagés dans le soutien à l’Ukraine et dans le renforcement de la surveillance de la mer Baltique.
À la suite de l’incident, l’ambassadeur de Russie au Danemark a été convoqué par le ministère danois des Affaires étrangères afin de fournir des explications. Au moment de la publication des premières informations, Moscou n’avait pas encore réagi publiquement. Cette absence de commentaire ne permet donc pas de confronter la version danoise à celle des autorités russes.
Un épisode à replacer dans un climat de tension
Le Danemark accuse régulièrement la Russie de mener des actions dites hybrides, c’est-à-dire des opérations situées sous le seuil d’un conflit militaire ouvert et pouvant associer pressions, actes de perturbation, espionnage ou campagnes de déstabilisation. Les autorités danoises ont notamment fait état, à l’automne 2025, de survols de drones au-dessus de plusieurs aéroports. Ces incidents avaient entraîné des perturbations du trafic aérien, notamment à l’aéroport de Copenhague.
La responsabilité de la Russie dans ces survols n’avait toutefois pas été publiquement établie de manière définitive. Des responsables danois et de l’Otan avaient évoqué une implication russe possible, tout en reconnaissant que les auteurs n’avaient pas été identifiés. Cette prudence est essentielle : le contexte régional nourrit les soupçons, mais il ne constitue pas en lui-même une preuve.
La source la plus solide concernant l’incident du 14 septembre est le communiqué de la Défense danoise, directement à l’origine des informations sur le type d’hélicoptère, le nombre de fusées tirées et la proximité de l’une d’elles. Les déclarations de la Première ministre et du ministre des Affaires étrangères sont également des sources primaires pour rendre compte de la réaction officielle de Copenhague. En revanche, les affirmations relatives à une stratégie russe plus large ou à la responsabilité de Moscou dans les incidents de drones doivent être présentées avec précaution, car elles reposent sur des accusations politiques et non sur une démonstration publique complète.