Le navire "Ocean Viking" sauve 71 migrants au large de la Libye.
Le navire-ambulance Ocean Viking, affrété par SOS Méditerranée, a secouru 71 migrants au large de la Libye lundi 29 janvier. L’embarcation pneumatique surchargée a été repérée par un avion de l’ONG allemande Sea-Watch, avant que le sauvetage ne soit effectué par l’équipe de SOS Méditerranée. Parmi les migrants secourus, on compte cinq femmes, dont une est enceinte, ainsi que 16 mineurs non accompagnés, selon SOS Méditerranée.
Cependant, l’ONG déplore le fait que les autorités maritimes italiennes aient désigné le port de Livourne, situé à 1 167 kilomètres au Nord, comme lieu sûr de débarquement. Cette décision vide une fois de plus la zone de recherche et de sauvetage libyenne de ses ressources. L’Italie, pays en première ligne face aux traversées de migrants, a récemment adopté un décret qui restreint les activités des navires des ONG. Selon ce décret, ces navires doivent désormais conduire les personnes secourues vers un port, souvent très éloigné, dès la première opération. Cette nouvelle mesure empêche de facto les navires d’enchaîner les sauvetages.
SOS Méditerranée a secouru plus de 39 000 personnes en Méditerranée depuis 2016, principalement sur la route migratoire la plus dangereuse du monde, la Méditerranée centrale. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, en 2023, 3 041 migrants ont été portés disparus après avoir tenté de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe. Depuis le début de l’année, on compte déjà 103 migrants portés disparus, toujours selon la même source.
Les défis des ONG en Méditerranée
La circulation des navires humanitaires en Méditerranée est devenue de plus en plus complexe ces dernières années. Les ONG, telles que SOS Méditerranée, rencontrent de nombreux obstacles dans leur mission de sauvetage et d’aide aux migrants. Les gouvernements européens, confrontés à une pression politique croissante, ont durci leurs politiques d’accueil et de contrôle des migrations. Les ONG ont été accusées de faciliter les traversées de migrants, entraînant ainsi une montée du populisme et de l’hostilité envers ces organisations.
Les opérations de sauvetage en mer sont essentielles pour protéger la vie des migrants. Cependant, les restrictions imposées par les États européens, en particulier l’Italie, ont rendu les sauvetages plus difficiles et ont conduit à des situations d’attente prolongées en mer. Les navires humanitaires se retrouvent souvent bloqués pendant des jours, voire des semaines, en attendant une décision sur le lieu de débarquement des migrants secourus. Cette situation met en danger la vie des migrants et augmente les risques de violences et d’abus à bord des bateaux surchargés.
La nécessité d’une approche globale
Face à cette crise humanitaire, il est nécessaire d’adopter une approche globale et coordonnée pour faire face aux flux migratoires en Méditerranée. Cela inclut non seulement des opérations de sauvetage en mer