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Le Sahel, épicentre du terrorisme en 2025, concentre près de la moitié des morts selon l'Indice mondial du terrorisme

L'Indice mondial du terrorisme montre que le Sahel concentre près de la moitié des morts en 2025. Analyse des chiffres et limites.

Le dernier Indice mondial du terrorisme, produit par le groupe de réflexion Institute for Economics and Peace (IEP), confirme que le Sahel demeure l’épicentre des violences liées au terrorisme. Selon le rapport cité, la région concentrait plus de la moitié des morts liées au terrorisme en 2024 et près de la moitié en 2025, malgré un recul du nombre absolu de victimes pour l’année la plus récente.

Chiffres clés et évolution récente

Le rapport fait état de 7 555 décès liés au terrorisme dans le monde en 2024, dont plus de la moitié seraient survenus au Sahel. Pour 2025, l’Indice recense 5 582 morts au total, et près de la moitié de ces décès seraient encore concentrés dans la bande sahélienne — un chiffre qui traduit une diminution du total global mais souligne la persistance d’une violence intense dans cette région.

Le texte du rapport souligne une augmentation dramatique des décès dans le Sahel depuis la fin de la décennie précédente : la mortalité attribuée au terrorisme y aurait été « presque multipliée par dix » depuis 2019, alors que la région contribuait très peu au bilan mondial au milieu des années 2000 (environ 1 % en 2007 selon l’étude). Ces tendances illustrent un déplacement de l’épicentre des violences non étatiques du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord vers l’Afrique subsaharienne au cours des dix dernières années, d’après l’IEP.

Au niveau des États, le Burkina Faso a longtemps figuré parmi les pays les plus touchés, mais l’Indice indique que le Pakistan a dépassé ce pays en 2025 pour devenir le territoire ayant enregistré le plus de morts liées au terrorisme, avec 1 139 décès et 1 045 incidents répertoriés pour l’année.

Définition et méthode : ce que mesure l’Indice

L’IEP adopte une définition opérationnelle du « terrorisme » qui vise à regrouper les actes de violence systématique commis par des acteurs non étatiques — qu’ils s’opposent ou prétendent servir l’autorité constituée — et ayant pour but de transmettre un message politique, religieux ou idéologique à une audience plus large que celle des victimes, en créant la peur et en cherchant à modifier le comportement de groupes entiers. L’Indice combine plusieurs indicateurs : nombre d’attaques, de morts, de blessés et d’otages pour classer 163 pays selon l’impact du phénomène.

Cette méthode permet de dégager des tendances globales et régionales en mesurant l’effet humain et sociétal des violences, mais elle reste soumise aux limites propres aux données sur la violence : variabilité de la couverture médiatique, difficultés d’attribution des attaques, et différences dans la capacité des autorités et des ONG locales à recenser les incidents.

Le rapport souligne également des facteurs contextuels : la résurgence d’activités violent es au Pakistan est liée, selon l’étude, à l’évolution politique régionale depuis le retour des talibans en Afghanistan en 2021, ainsi qu’à l’activisme de groupes armés locaux comme le mouvement des talibans pakistanais et l’Armée de libération du Baloutchistan.

Relevé · Fiabilité des sources citées

Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.

  1. L’Institute for Economics and Peace est un think tank reconnu pour ses travaux sur la paix et la sécurité, notamment pour la publication régulière de l’Indice mondial du terrorisme. Points forts : l’IEP publie des rapports détaillés et méthodologiques, cherche à offrir des séries temporelles longues et à combiner plusieurs indicateurs pour mesurer l’impact du terrorisme.

  2. Cependant, plusieurs limites doivent être rappelées lorsque l’on s’appuie sur cet indicateur isolément. D’abord, la mesure du terrorisme dépend largement de sources ouvertes — médias, rapports d’ONG et bases de données publiques — qui peuvent sous- ou surestimer les événements selon la région. Ensuite, la définition retenue et les critères d’inclusion/exclusion influencent directement les totaux et les comparaisons internationales. Enfin, comme tout organisme indépendant financé par des donateurs, l’IEP n’est pas exempt de critiques possibles quant à ses choix méthodologiques, même si ses publications restent largement utilisées par chercheurs et décideurs.

  3. Pour une analyse rigoureuse, il est recommandé de croiser les chiffres de l’IEP avec d’autres sources : rapports des Nations unies, bases de données spécialisées (par exemple celles d’ONG travaillant sur les conflits), et statistiques nationales lorsque celles-ci sont disponibles et vérifiables. Cette triangulation aide à nuancer les conclusions et à mieux appréhender les dynamiques locales qui expliquent des chiffres globaux parfois impressionnants.

  4. En résumé, l’Indice mondial du terrorisme signale une concentration persistante et lourde du coût humain des violences au Sahel, tout en invitant à la prudence : les données sont précieuses pour saisir les tendances, mais elles exigent un examen critique et des recoupements pour éclairer les politiques publiques et l’opinion.

L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.

La rédaction de Commons

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