Le "syndrome de La Havane" lié au renseignement russe : Enquête.
Révélations sur les opérations clandestines de l’unité GRU29155
Son nom de code : GRU29155. Sa spécialité : des opérations clandestines à l’étranger, assassinats ciblés et ingérences étatiques. Une enquête journalistique menée conjointement par The Insider, CBS et Der Spiegel, révèle, lundi 1er avril, les sombres agissements d’une unité du renseignement militaire russe. Elle est soupçonnée d’avoir utilisé des micro-ondes ou des ultrasons comme armes secrètes à l’origine de ce qui a été baptisé le « syndrome de La Havane ».
A partir de 2016, des dizaines de diplomates américains et canadiens en poste à Cuba ont dit être frappés de troubles, notamment des migraines, vertiges, nausées, troubles de la vision. Ces « incidents anormaux de santé », selon la terminologie employée aux États-Unis, ont ensuite été signalés ailleurs dans le monde, en Chine, en Allemagne, en Australie, en Russie, en Autriche, et même à Washington.
L’affaire a entraîné dès le début de vastes spéculations sur son origine. Certains responsables américains ont minimisé au départ les symptômes, parfois attribués au stress, d’autres évoquant en privé de possibles attaques et soupçonnant déjà des pays comme la Russie. Le renseignement américain avait jugé en mars 2023 « très improbable » qu’une puissance étrangère ou une arme soit à l’origine du mystérieux trouble.
Des révélations troublantes sur les agissements du GRU
Mais, selon l’enquête journalistique, qui a duré plus d’un an, ces diplomates ont pu être la cible d’une arme sonique de la Russie. Les trois médias disent avoir « découvert des éléments suggérant que ces incidents anormaux de santé pourraient provenir de l’utilisation d’armes à énergie dirigée, maniées par des membres de l’unité 29155 du GRU, le service de renseignement militaire russe.
Cette unité GRU29155 s’est déjà retrouvée au centre de plusieurs affaires. Elle a été accusée notamment de la tentative d’empoisonnement de l’ancien espion russe Sergueï Skripal au Royaume-Uni en 2018. « Son champ d’action est mondial pour la conduite d’opérations létales et d’actes de sabotage », a déclaré à The Insider un ancien haut responsable de la CIA, agence américaine de renseignement.
Moscou considère ces révélations « sans fondement ». « Ce sujet a été gonflé dans la presse depuis plusieurs années déjà. Et depuis le début, c’est souvent associé à la Russie », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d’une conférence de presse. « Mais personne n’a jamais publié de preuve convaincante. »
L’enquête des trois médias avance que les premiers cas de syndrome de La Havane se seraient produits en Allemagne deux ans avant ceux rapportés à Cuba en 2016. A Francfort, un employé au consulat des États-Unis aurait ainsi perdu con