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Liberté de la presse au plus bas depuis 50 ans entre 2019 et 2024 54 pour cent des pays ont reculé et 43 ont subi une chute historique en raison des pressions gouvernementales de la désinformation et de la concentration des médias

International IDEA révèle une baisse marquée de la liberté de la presse entre 2019 et 2024. Lisez notre analyse des causes et des enjeux.

Le rapport publié le 11 septembre par l’Institut International IDEA dresse un diagnostic inquiétant : entre 2019 et 2024, plus d’un pays sur deux (54 %) a enregistré une dégradation d’au moins un des « indicateurs clés » utilisés pour mesurer la santé démocratique. Le secrétaire général de l’organisation, Kevin Casas‑Zamora, insiste particulièrement sur l’effondrement de la liberté de la presse, qui aurait connu « sa plus forte baisse enregistrée au cours des 50 dernières années ». Ces conclusions soulèvent des interrogations sur l’état des démocraties contemporaines et sur les forces qui érodent le débat public dans des régions très différentes du globe.\n\n

Une détérioration marquée de la liberté de la presse

\n\nLe rapport place la liberté de la presse au centre de ses constats : 43 pays présentent une baisse de cet indicateur entre 2019 et 2024, répartis sur tous les continents. Parmi les reculs les plus prononcés figurent des pays déjà fragilisés comme l’Afghanistan, le Burkina Faso ou la Birmanie (Myanmar). Le document signale aussi des déclins notables dans des démocraties établies, citant notamment la Corée du Sud où les poursuites pour diffamation et des perquisitions chez des journalistes ont été relevées comme facteurs de pression.\n\nInternational IDEA met en avant deux dynamiques principales : d’une part, des interventions étatiques plus musclées — certaines héritées de la période pandémique — qui restreignent l’espace d’expression ; d’autre part, la propagation massive de la désinformation, parfois réelle mais souvent brandie comme prétexte par des autorités pour justifier des restrictions. Le rapport pointe aussi la concentration des médias et la disparition de médias locaux, facteurs qui affaiblissent le pluralisme et la capacité des citoyens à accéder à une information diversifiée.\n\n

Causes identifiées, portée et limites de l’analyse

\n\nLes causes avancées par IDEA correspondent à des tendances observées par d’autres acteurs du secteur : pression législative ou judiciaire sur les journalistes, campagnes de discrédit visant les médias indépendants, militarisation de l’espace public dans certains pays, et diffusion rapide de contenus trompeurs via les réseaux sociaux. Ces phénomènes se combinent et alimentent une spirale où la confiance dans l’information diminue tandis que les autorités disposent d’arguments pour étouffer la critique.\n\nCependant, le rapport comporte des limites importantes qu’il convient de rappeler pour interpréter correctement ses résultats. D’abord, toute mesure comparative de la « démocratie » dépend des choix méthodologiques — définition des indicateurs, pondération, sources de données — qui peuvent influer sur les classements et les trajectoires observées. Ensuite, les évaluations quantitatives traduisent des tendances générales mais peuvent masquer des variations locales ou ponctuelles : une baisse d’un indicateur ne signifie pas automatiquement la disparition complète d’un droit ou d’une liberté. Enfin, IDEA souligne lui‑même qu’il n’intègre pas certains effets très récents, notamment ceux qui pourraient résulter des événements politiques de 2025, ce qui limite l’actualité immédiate de certaines conclusions.\n\nÉvaluer la fiabilité des sources citées\n\nLe principal élément cité par l’article original est le rapport d’International IDEA et les déclarations de son secrétaire général. International IDEA est une organisation intergouvernementale établie à Stockholm, spécialisée depuis plusieurs années dans la production de données et d’analyses sur la démocratie. Sa réputation est solide : ses travaux sont largement utilisés par des chercheurs, des institutions internationales et des décideurs. Sa méthodologie est publiée et rendue transparente, ce qui renforce sa crédibilité.\n\nPour corroborer les signaux relevés par IDEA, il est utile de confronter ces résultats à d’autres observatoires reconnus, comme Reporters sans frontières (RSF) pour la liberté de la presse ou Freedom House pour les libertés civiles. Ces organisations ont elles aussi documenté, sur des périodes récentes, des reculs ou des pressions accrues sur les médias et les droits civiques dans plusieurs pays. Leur convergence renforce la plausibilité des constats d’IDEA, même si chacune applique des grilles et des priorités analytiques propres.\n\nEn somme, les sources mobilisées — le rapport d’International IDEA et les constats comparés d’organisations spécialisées — sont robustes et permettent de prendre au sérieux les tendances décrites. Reste que l’analyse quantitative doit être lue à la lumière de son cadre méthodologique et des évolutions rapides du contexte politique : certaines dynamiques peuvent s’accélérer ou s’infléchir en très peu de temps.\n\nLes implications de ces constats sont claires : si la liberté de la presse et le pluralisme médiatique continuent de reculer, la capacité des sociétés à alimenter un débat public informé et à tenir les gouvernants pour responsables s’en trouvera durablement affaiblie. Suivre, vérifier et soutenir les médias indépendants, ainsi qu’améliorer la transparence des instruments de mesure, apparaît donc essentiel pour comprendre et contrer ces reculs démocratiques.

La rédaction de Commons

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