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Plus de 50 000 personnes ont fui Port-au-Prince en mars.

La crise humanitaire à Port-au-Prince

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a alerté sur la situation « cataclysmique » à Port-au-Prince, la capitale haïtienne, où plus de 50 000 personnes ont fui entre le 8 et le 27 mars pour échapper à la violence des gangs qui sévit dans la région. Ces déplacements internes ont poussé de nombreux habitants à chercher refuge dans les provinces, en prenant des routes contrôlées par des gangs, exposant ainsi leur vie à des risques considérables.

Les conséquences alarmantes de la violence des gangs

Selon les premières conclusions de l’étude de l’OIM, 61% des personnes ayant quitté la zone métropolitaine se sont dirigées vers les départements du Grand Sud, où plus de 116 000 personnes ayant déjà fui Port-au-Prince s’étaient réfugiées auparavant. La majorité de ces déplacés indique avoir fui en raison des violences perpétrées par les gangs. Près de six sur dix prévoient de rester éloignés de la capitale le plus longtemps possible, soulignant ainsi l’impact profond et durable de l’insécurité régnant à Port-au-Prince sur la population locale.

Les motivations des déplacés sont diverses : plus de la moitié ont choisi leur destination finale car ils y sont originaires, et la quasi-totalité bénéficie du soutien de leur famille dans ces endroits plus sûrs. Malgré les pressions exercées sur la population par les autorités des pays voisins pour dissuader l’arrivée de réfugiés, 96% des personnes interrogées ont exprimé le souhait de rester en Haïti.

La crise politique que traverse le pays depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021 aggrave la situation. En effet, sans président en exercice ni Parlement depuis plusieurs années, et face à des luttes de pouvoirs internes, le pays est livré à lui-même. Les attaques orchestrées par les gangs haïtiens contre les institutions et les autorités gouvernementales ont créé un climat d’insécurité généralisée, poussant le Premier ministre Ariel Henry à démissionner en mars 2022.

Malgré l’annonce de sa démission, la formation d’un conseil de transition chargé de nommer son successeur se fait attendre, en raison de désaccords persistants entre les différentes parties prenantes. Cette vacance du pouvoir et l’incertitude qui en découle contribuent à aggraver la crise humanitaire et sécuritaire à laquelle est confrontée la population haïtienne au quotidien.

En conclusion, la situation à Port-au-Prince est alarmante, avec des violations massives des droits de l’homme, des déplacements forcés de populations et une insécurité grandissante. Il est fondamental que des mesures concrètes et immédiates soient prises tant au niveau national qu’international pour répondre à cette crise humanitaire sans précédent en Haïti.

La rédaction de Commons

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