Portal Kombat": le réseau de désinformation russe dénoncé par la France. Viginum, la start-up en question.
Réseau de propagande pro-russe dévoilé en France
Un rapport publié par l’organisme français de lutte contre les ingérences numériques, Viginum, révèle l’existence d’un réseau de 193 portails d’information servant à diffuser de la propagande pro-russe à destination des soutiens de Kiev en Europe. Ce réseau, surnommé « Portal Kombat », est structuré et coordonné, et a pour objectif de couvrir le conflit russo-ukrainien en présentant positivement l’opération militaire russe et en dénigrant l’Ukraine.
Le réseau « Portal Kombat » est composé de trois ensembles. Le premier, appelé « écosystème historique », compte 147 sites qui ciblaient principalement les audiences russes et ukrainiennes. Certains de ces sites sont aujourd’hui inactifs ou hors ligne. Le deuxième ensemble, baptisé « -news.ru », regroupe 41 sites d’intérêt destinés aux audiences russophones d’Ukraine. Enfin, le troisième ensemble, appelé « écosystème Pravda », comprend cinq sites qui visent directement plusieurs pays occidentaux, dont la France, l’Allemagne, l’Espagne, et les États-Unis.
Les portails d’information de ce réseau publient des contenus très orientés idéologiquement, exposant des narratifs manifestement inexacts ou trompeurs. Ils diffusent également de manière massive et automatisée des reprises de textes tirés des réseaux sociaux russes, des agences de presse russes et des sites officiels russes. En plus de couvrir le conflit russo-ukrainien, ces sites traitent également d’autres sujets proches des sphères complotistes francophones, dans le but de décrédibiliser la parole politique, les médias et les institutions internationales.
Malgré le caractère élaboré de ce réseau, ses conséquences en France semblent avoir été modérées. Les audiences des sites du réseau Pravda sont faibles par rapport au nombre de contenus publiés. Cependant, Viginum souligne qu’en raison de ses caractéristiques techniques, des procédés mis en œuvre et des objectifs poursuivis, ce réseau constitue une ingérence numérique étrangère.
Bien que le rapport ne désigne aucun acteur ou commanditaire précis, il qualifie ce réseau de « réseau russe ». Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a également fait référence à un « réseau russe » dans son communiqué. Néanmoins, il convient d’être prudent dans l’attribution de telles actions à un groupe particulier, compte tenu des difficultés techniques et diplomatiques.
Il est essentiel de souligner l’importance de la lutte contre les ingérences numériques étrangères, qui peuvent avoir un impact significatif sur les opinions publiques et le fonctionnement des démocraties. Il est crucial que les autorités continuent de surveiller les activités de ces réseaux et prennent les mesures nécessaires pour protéger l’intégrité des informations et contrer la diffusion de la propagande.