Reporters sans frontières alerte 67 journalistes tués en un an, près de la moitié dans la bande de Gaza, 503 détenus, 135 disparus, foyers meurtriers au Mexique, Ukraine et Soudan
RSF alerte : 67 journalistes tués, dont 29 à Gaza; 503 détenus et 135 disparus. Consultez le bilan et les zones les plus dangereuses.
Reporters sans frontières (RSF) dresse un bilan alarmant dans son rapport publié le 8 décembre 2025 : 67 journalistes et travailleurs des médias ont été tués dans le monde entre le 1er décembre 2024 et le 1er décembre 2025. Près de la moitié de ces victimes auraient été tuées dans la bande de Gaza, « sous le feu des forces armées israéliennes », selon l’ONG. RSF souligne que, au-delà des morts, 503 journalistes sont actuellement détenus dans 47 pays, 135 sont portés disparus et 20 demeurent otages, principalement en Syrie et au Yémen. L’organisation met en avant une hausse de la mortalité journalistique liée « aux pratiques criminelles de forces armées régulières ou non et du crime organisé ».
Les foyers de danger : Gaza, Mexique, zones de guerre
La situation dans les territoires palestiniens apparaît comme le point le plus préoccupant du rapport : au moins 29 employés de médias ont été tués en un an alors qu’ils exerçaient leur métier. RSF accuse explicitement l’armée israélienne de ciblage et rappelle que des plaintes pour crimes de guerre ont été déposées sur ce fondement. Israël, de son côté, affirme mener des frappes contre le mouvement islamiste Hamas et conteste la qualification de ciblage systématique des journalistes.
Au Mexique, RSF relève une « année la plus meurtrière depuis au moins trois ans » avec neuf journalistes assassinés. La plupart couvraient l’actualité locale, exposaient des liens présumés entre crime organisé et responsables politiques, et avaient fait l’objet de menaces explicites. RSF souligne la persistance de l’impunité malgré les engagements du gouvernement élu en 2024.
D’autres pays, en particulier l’Ukraine et le Soudan, figurent aussi parmi les plus touchés : trois journalistes tués en Ukraine (parmi eux le photojournaliste français Antoni Lallican) et quatre au Soudan, selon le décompte de l’ONG. Ces chiffres reflètent des zones de conflits intenses où l’accès et la vérification des informations sont rendus difficiles par les combats et les contrôles d’accès.
Contexte, témoignages et accusations
RSF cite des témoignages et des enquêtes locales pour étayer ses constats. Anne Bocandé, directrice éditoriale de l’ONG, déclarait à l’agence AFP : « Il ne s’agit pas de balles perdues. C’est véritablement du ciblage de journalistes parce qu’ils informent le monde de ce qui se passe. » Cette phrase illustre la lecture politique de RSF : les journalistes seraient délibérément pris pour cibles en raison de leur rôle d’informateurs.
L’ONG signale aussi des cas de détentions massives : 121 journalistes détenus en Chine, 48 en Russie et 47 en Birmanie, chiffres qui reflètent des répressions étatiques contre les voix critiques. Le rapport évoque enfin des affaires individuelles symboliques, comme la condamnation en Algérie du journaliste français Christophe Gleizes, condamné en appel à sept ans de prison pour apologie du terrorisme, six jours avant la publication du bilan.
Relevé · Fiabilité des sources citées
Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.
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RSF est une organisation non gouvernementale internationale spécialisée dans la défense de la liberté de la presse, fondée en 1985. Son travail est largement cité par les médias et par des institutions internationales ; il repose sur une combinaison de signalements locaux, d’enquêtes terrain et de collaborations avec des partenaires sur place. Cela lui donne une crédibilité solide pour documenter des violences et des atteintes aux journalistes. Toutefois, comme toute ONG de plaidoyer, RSF adopte un angle centré sur les violations des droits de la presse, ce qui peut influencer le choix des éléments mis en avant et la manière d’attribuer les responsabilités dans des contextes très conflictuels.
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L’AFP, agence de presse internationale citée pour la reprise du témoignage d’Anne Bocandé, est une source d’information reconnue pour la vérification et la diffusion rapide de faits. Son rôle ici est de relayer les déclarations de RSF et de contextualiser. En revanche, l’AFP ne produit pas de comptage indépendant des victimes ; elle s’appuie sur les chiffres fournis par RSF.
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Pour compléter l’évaluation, il est prudent de confronter ces données avec celles d’autres acteurs : le Committee to Protect Journalists (CPJ), l’UNESCO, l’International Press Institute (IPI) ou des ONG locales. Les principaux risques d’erreur ou de biais résident dans la difficulté d’accès aux zones de conflit, la définition de « journaliste » ou « employé de média », et l’attribution des responsabilités en l’absence d’enquêtes judiciaires indépendantes.
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Au final, le rapport de RSF, corroboré par des relais médiatiques comme l’AFP, alerte sur une augmentation significative des violences contre les journalistes. Ses chiffres doivent être pris au sérieux mais aussi vérifiés et recoupés par d’autres sources et par des enquêtes indépendantes pour établir des responsabilités et permettre des poursuites effectives.
L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.