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Ronen Bar porte plainte contre Nétanyahou pour diffamation sur les responsabilités dans l’attaque du 7-Octobre

Plainte Ronen Bar : l’ancien chef du Shin Bet conteste les accusations de Nétanyahou sur les alertes avant le 7-Octobre. Découvrez les deux versions.

La controverse sur les responsabilités dans les défaillances ayant précédé l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 se déplace sur le terrain judiciaire. Ronen Bar, ancien directeur du Shin Bet, le service israélien de sécurité intérieure, a déposé mercredi 14 octobre 2026 une plainte pour diffamation contre Benyamin Nétanyahou. Il réclame trois millions de shekels au Premier ministre, qu’il accuse d’avoir publié sciemment des accusations mensongères pour détourner l’attention de sa propre responsabilité. Cette procédure intervient en pleine campagne législative israélienne.

Au cœur du litige, les alertes précédant l’attaque

La plainte vise notamment un message publié le 28 septembre par Benyamin Nétanyahou sur les réseaux sociaux. Le dirigeant du Likoud y accusait des médias de gauche de chercher à lui imputer les échecs de Ronen Bar. Il affirmait que l’ancien responsable avait eu connaissance de signes avant-coureurs pendant la nuit précédant l’assaut, sans prendre les mesures nécessaires pour l’en avertir.

Selon la présentation du Premier ministre rapportée dans l’article d’origine, Ronen Bar aurait échangé avec les responsables militaires sur ces signaux, mais aurait choisi de ne pas l’appeler, de ne pas alerter les forces présentes sur place et de ne pas faire évacuer le festival Nova. Benyamin Nétanyahou soutient que la situation aurait été différente s’il avait été réveillé. Ces accusations constituent précisément l’objet de la contestation judiciaire : elles ne doivent pas être présentées comme des faits établis.

Ronen Bar oppose à ce récit une autre chronologie. Il affirme avoir fait prévenir l’entourage militaire du Premier ministre avant l’attaque, à partir de renseignements faisant état de menaces potentielles. Selon le compte rendu de sa plainte publié par The Times of Israel, il décrit des démarches destinées à informer le secrétariat militaire, chargé des communications entre le chef du gouvernement et les services de sécurité.

Deux versions contradictoires sur les communications

L’ancien chef du Shin Bet assure également avoir averti Benyamin Nétanyahou à plusieurs reprises avant le 7-Octobre. Dans sa plainte, il évoque une succession d’alertes, de recommandations et de propositions opérationnelles que le Premier ministre aurait ignorées. Il soutient ainsi que les accusations publiques portées contre lui déforment les informations transmises et les démarches entreprises. Il s’agit toutefois de sa version des faits, exposée pour défendre sa demande en justice.

Un désaccord concerne aussi la possibilité de joindre directement le Premier ministre. Ronen Bar affirme ne pas avoir disposé de son numéro direct et être passé par son attaché militaire. Dans une réponse diffusée par le Likoud, Benyamin Nétanyahou assure au contraire que l’ancien responsable pouvait utiliser une ligne sécurisée pour l’appeler immédiatement. Ce point illustre la divergence entre leurs récits sur la circulation de l’alerte.

Cette action n’efface pas la reconnaissance, par Ronen Bar, des défaillances de son propre service. Lors de son départ en juin 2025, il avait admis que le Shin Bet n’avait pas su donner l’alerte et en avait assumé la responsabilité en tant que directeur. Sa démarche distingue donc deux questions : l’échec du renseignement, qu’il reconnaît, et les accusations personnelles du Premier ministre, qu’il conteste.

Des sources à distinguer des preuves

The Times of Israel, cité dans l’article initial, fournit un compte rendu détaillé de la plainte, signé par un journaliste chargé des affaires judiciaires. C’est une source pertinente pour connaître les arguments de Ronen Bar. Sa portée doit néanmoins être correctement comprise : rapporter un document judiciaire permet d’établir ce qu’un plaignant affirme, pas de démontrer automatiquement la véracité de toutes ses accusations. Le Jerusalem Post confirme également l’existence de la procédure et son montant.

L’article d’origine mentionne aussi The Atlantic et le Wall Street Journal à propos d’éventuels avertissements égyptiens, démentis par Benyamin Nétanyahou. Sans examen des enquêtes précises et des éléments sur lesquels elles reposent, leur seule mention ne suffit pas à trancher cette controverse. Enfin, les déclarations de Ronen Bar et les communiqués du Likoud sont indispensables pour restituer les positions opposées, mais restent celles de parties directement engagées dans le litige, non des confirmations indépendantes.

La rédaction de Commons

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