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Russie Auchan et Nestlé placés sous administration temporaire Paris dénonce une décision qui menace les actifs européens

Administration temporaire : la Russie prend le contrôle d’actifs d’Auchan et Nestlé, tandis que Paris dénonce une décision injustifiée.

Le gouvernement français a dénoncé la décision de la Russie de placer sous administration temporaire les filiales russes de plusieurs entreprises européennes, dont le distributeur français Auchan et le groupe suisse Nestlé. Cette mesure, annoncée par un décret signé par Vladimir Poutine et publié le jeudi 17 septembre 2026, intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Moscou et les pays européens depuis le début de l’invasion de l’Ukraine.

Des actifs transférés à une société russe

Le décret prévoit le transfert de la gestion de plusieurs entités locales à une société russe baptisée L.E.V. Management. Les actifs concernés comprennent notamment ceux de la filiale russe d’Auchan, de plusieurs sociétés liées à Nestlé, ainsi que d’entités issues de l’ancienne activité de Leroy Merlin, désormais exploitée sous l’enseigne Lemana Pro. Des filiales du groupe français FM Logistic sont également citées parmi les entreprises visées.

La procédure utilisée par les autorités russes est celle de l’« administration temporaire ». Mise en place après l’adoption de mesures destinées à répondre aux sanctions occidentales, elle permet au Kremlin de prendre le contrôle opérationnel d’entreprises appartenant à des groupes issus de pays considérés comme « inamicaux » par la Russie. En théorie provisoire, ce dispositif a déjà été suivi, dans plusieurs cas, par la cession d’actifs à des repreneurs russes.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a justifié la décision en évoquant des entreprises européennes appartenant à des États « impliqués de la manière la plus active possible dans des actions militaires contre notre pays ». Il a également mentionné les attaques visant, selon Moscou, les infrastructures économiques civiles russes. Ces déclarations constituent la justification politique avancée par les autorités russes, mais elles ne permettent pas, à elles seules, d’établir les motifs économiques ou juridiques précis ayant conduit au choix de chaque entreprise.

Paris demande à Moscou de revenir sur sa décision

Le gouvernement français a immédiatement réagi. Dans un communiqué, Roland Lescure, ministre français de l’Économie, a dénoncé « la mise sous administration provisoire sans justification des filiales russes de plusieurs entreprises françaises et européennes ». Bercy a indiqué que la France était « en contact étroit avec les entreprises concernées » et a appelé les autorités russes à revenir sur leur décision.

Cette réaction s’inscrit dans une dégradation continue des relations économiques entre la Russie et les pays occidentaux. Depuis 2022, de nombreux groupes ont quitté le marché russe ou réduit leurs activités. Ceux qui y sont restés font face à un environnement marqué par les sanctions, les restrictions sur les transferts de capitaux et les conditions imposées par Moscou pour la vente d’actifs détenus par des entreprises étrangères.

La mise sous administration temporaire ne signifie pas nécessairement, à ce stade, une nationalisation définitive des sociétés concernées. Elle prive toutefois les groupes étrangers d’une partie du contrôle sur leurs activités locales et pourrait compliquer la protection de leurs droits de propriété. Le Kremlin n’a pas annoncé, dans le décret cité, une cession immédiate à un nouvel acquéreur. L’évolution de la situation dépendra donc des décisions prises par les autorités russes dans les prochaines semaines.

Des entreprises qui cherchent à préserver leurs droits

Nestlé a déclaré prendre acte du décret et évaluer « la situation et ses options ». Le groupe suisse a également affirmé vouloir prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses droits et assurer la continuité de ses activités, notamment dans l’intérêt de ses salariés.

La filiale russe d’Auchan a, pour sa part, demandé des clarifications aux autorités. Selon les informations rapportées par les agences russes TASS et Ria Novosti, l’entreprise n’a pas fourni davantage de détails dans l’immédiat. Les activités locales se poursuivaient alors sans changement annoncé, mais la portée exacte du transfert de gestion restait à préciser.

Les sources citées présentent des niveaux de fiabilité différents. Le décret présidentiel russe et les déclarations du Kremlin constituent des sources primaires pour établir l’existence de la mesure et la justification officielle de Moscou, mais ils reflètent nécessairement le point de vue des autorités russes. Les communiqués de Nestlé, d’Auchan et du ministère français de l’Économie sont également des sources directes, limitées toutefois à la position de chaque acteur. TASS et Ria Novosti sont utiles pour documenter les réactions locales, mais leur proximité avec les autorités russes impose de vérifier leurs informations auprès de sources indépendantes. La prudence est donc nécessaire concernant les conséquences futures de cette administration temporaire.

La rédaction de Commons

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