Tensions en hausse suite à l'annonce d'une intensification des combats entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza
Deuxième visite de Benyamin Nétanyahou dans la bande de Gaza en deux mois et demi de guerre. Le Premier ministre israélien, équipé d’un gilet pare-balles et d’un casque, a posé au milieu de soldats israéliens, tout sourire, le lundi 25 décembre. Les pertes civiles et militaires continuent d’augmenter, les appels internationaux à cesser les hostilités se multiplient, et le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution exigeant de faciliter le passage de l’aide humanitaire. Malgré tout, le dirigeant israélien, inflexible, a annoncé à ses troupes une intensification de l’opération militaire contre le Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir dans l’enclave palestinienne.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Nétanyahou déclare devant des militaires: « Nous n’arrêtons pas, (…) nous intensifions les combats dans les jours à venir. Ça sera une longue guerre ». Cette stratégie militaire implique de nouvelles avancées dans le sud de l’enclave, qui avait pourtant été désigné par Israël comme une zone refuge pour les civils fuyant les combats lorsque ceux-ci étaient concentrés dans le Nord.
Le mardi matin, la ville de Khan Younès, présentée par l’armée israélienne comme le fief des chefs du Hamas à Gaza, a été une fois de plus touchée. L’armée israélienne affirme avoir « identifié » plusieurs membres du Hamas se dirigeant vers un complexe appartenant à l’organisation terroriste, où de nombreuses armes étaient stockées. Un avion israélien a bombardé l’installation et « tué la cellule terroriste ». Selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, 241 Palestiniens ont été tués dans ces bombardements.
Dans une tribune publiée dans le Wall Street Journal, Nétanyahou a défini les buts de guerre d’Israël, notamment la destruction du Hamas, la démilitarisation de l’enclave palestinienne et la « déradicalisation » de la société palestinienne. Cependant, l’objectif minimal de détruire le Hamas, énoncé par le gouvernement israélien après les attaques du 7 octobre, n’a toujours pas été atteint. Nétanyahou reconnaît d’ailleurs dans cet article certaines difficultés, soulignant que le Hamas place son infrastructure terroriste à l’intérieur de bâtiments civils.
Selon un rapport du centre d’analyse américain Institute for the Study of War (ISW), l’efficacité de la stratégie militaire israélienne est limitée. Sur les trente bataillons des brigades al-Qassam, la branche militaire du Hamas, étudiés dans le rapport, seuls trois sont hors d’état de combattre, tandis que huit voient leurs capacités « dégradées » en raison des pertes au combat. Le rapport souligne que le Hamas s’est structuré pour résister à une action militaire israélienne, en construisant une organisation militaire résiliente.
Face à ces obstacles, l’extension de la guerre préoccupe les États-Unis. CNN avait déjà rapporté dès le début du mois de décembre que plusieurs responsables de l’administration de Joe Biden plaidaient en faveur d’une stratégie de moindre intensité, ciblant les dirigeants du Hamas. Cependant, Nétanyahou semble déterminé à poursuivre et intensifier l’opération militaire.