Tensions post-mort du chef du Hamas : Réponse Iran et alliés inquiète-t-elle ?
Escalade des tensions au Proche-Orient : une situation préoccupante
Appels à quitter le Liban, renforcement du dispositif militaire américain dans la région, efforts diplomatiques en vue de l’apaisement des tensions… Les inquiétudes face à une escalade militaire au Proche-Orient s’amplifient, lundi 5 août, après la multiplication des menaces de l’Iran et de ses alliés contre Israël.
A l’origine de cette nouvelle hausse des tensions, l’Iran, le mouvement islamiste palestinien Hamas et le Hezbollah libanais ont accusé Israël de la mort du chef politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, le 31 juillet à Téhéran. Son assassinat est survenu quelques heures après une frappe revendiquée par l’Etat hébreu qui a tué le chef militaire du mouvement libanais Hezbollah, Fouad Chokr, mardi soir près de Beyrouth (Liban).
L’Iran et ses alliés – le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien et les rebelles yéménites Houthis – ont juré de riposter à ces assassinats. De son côté, le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a affirmé que son pays était prêt à faire face « à l’Iran et ses sbires sur tous les fronts ». Alors que l’hypothèse de la régionalisation du conflit entre Israël et le Hamas est plus que jamais d’actualité, franceinfo fait le point sur les raisons de l’inquiétude de la communauté internationale.
Une situation complexe qui soulève des interrogations
« Pour l’Iran, l’enjeu n’est pas tant la mort d’Ismaïl Haniyeh que le lieu où [la frappe] a eu lieu. Une attaque en plein cœur de Téhéran constitue une humiliation pour le pays, car elle viole sa souveraineté », décryptait début août sur franceinfo David Rigoulet-Roze, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Pour ce dernier, il y aura « nécessairement une réponse » de l’Iran à l’assassinat du responsable du Hamas, même si sa forme est encore inconnue.
En effet, les réactions en chaîne suite à ces assassinats ont créé une tension palpable dans la région. Les menaces proférées par le Hezbollah et l’Iran à l’encontre d’Israël risquent d’aggraver la situation déjà tendue au Proche-Orient.
Des enjeux géopolitiques majeurs en toile de fond
Les morts d’Ismaïl Haniyeh et de Fouad Chokr interviennent alors que les tensions dans la région étaient déjà vives depuis plusieurs mois. En avril, après un raid meurtrier contre un bâtiment diplomatique iranien en Syrie, également imputé à Israël, Téhéran avait notamment mené une attaque inédite sur le sol israélien. La guerre à Gaza a par ailleurs entraîné l’ouverture de fronts contre Israël par le Hezbollah libanais et les Houthis yéménites.
La montée des hostilités entre les différents acteurs régionaux soulève des préoccupations quant à une escalade militaire aux conséquences potentiellement