Violence mondiale en 2025 selon PRIO : 65 conflits étatiques, explosion des attaques contre les civils et hausse spectaculaire de la mortalité liée aux combats qui place l'année parmi les plus meurtrières depuis la Guerre froide
PRIO signale 65 conflits en 2025 et une forte hausse des attaques visant les civils. Lire l'analyse des chiffres et la fiabilité des sources.
Une étude norvégienne publiée mardi 9 juin dresse un constat alarmant : le monde a basculé en 2025 dans une phase de violence élevée, marquée par un nombre record de conflits et une explosion des attaques visant des civils. C’est le message principal du rapport annuel « Conflict Trends » présenté par l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo (PRIO).
Le chiffre qui choque : 65 conflits étatiques en 2025
Selon le rapport, 65 conflits impliquant au moins un État ont été recensés en 2025, un niveau inédit depuis 1946. Le document signale également un doublement, en un an, du nombre de conflits interétatiques, qui sont passés à huit — un record sur 80 ans. Le rapport cite, parmi ces confrontations, des tensions frontalières ravivées entre l’Inde et le Pakistan, entre l’Afghanistan et le Pakistan, ainsi qu’entre le Cambodge et la Thaïlande.
Parmi les conflits interétatiques mentionnés figurent aussi l’invasion russe de l’Ukraine et l’opération militaire israélienne en Syrie, autour du plateau du Golan occupé. Le rapport relie ces épisodes à une dynamique régionale plus large au Moyen-Orient qui alimente et complexifie les violences.
Bilan humain : une année parmi les plus meurtrières
Les auteurs du rapport estiment qu’environ 245 000 personnes sont mortes en 2025 des suites directes de combats ou de violences politiques. Parmi elles, près de 76 500 victimes seraient le résultat d’attaques visant directement des civils, contre 14 200 en 2024 — une augmentation nette et préoccupante.
Le texte attribue une part majeure de cette hausse au conflit entre l’armée et les groupes paramilitaires au Soudan. Le siège et les massacres d’El-Facher, dans la région du Darfour, sont cités comme ayant causé à eux seuls « quelque 60 000 morts », selon les estimations du rapport. Le document rappelle que, depuis la fin de la Guerre froide, seules 2021 et 1994 ont connu plus de morts liés aux conflits, en référence respectivement à la guerre au Tigré et au génocide au Rwanda.
Face à ces chiffres, Siri Aas Rustad, chercheuse à PRIO, n’a que peu de notes d’optimisme. « Malheureusement, il n’y a pas grand-chose de positif que je puisse extraire de tout cela », a-t-elle déclaré en présentant l’étude. « D’habitude, j’arrive toujours à trouver quelque chose de positif, mais cette année, les chiffres sont choquants. »
Responsabilités et dynamiques géopolitiques
Le rapport s’appuie principalement sur les données compilées par l’Uppsala Conflict Data Program (UCDP), rattaché à l’université d’Uppsala (Suède), pour établir l’ampleur et la répartition des violences. Dans son exposé, Siri Aas Rustad identifie plusieurs acteurs engagés dans des campagnes militaires ou des actions agressives. Elle cite explicitement Israël, qu’elle décrit comme « clairement un des pays les plus agressifs dans le monde en ce moment », en évoquant son implication dans des opérations à Gaza, en Syrie, au Liban, dans des mesures contre l’Iran et face aux rebelles houthis.
La chercheuse pointe aussi la responsabilité des États-Unis dans la montée des tensions globales. Elle avance que le retour de Donald Trump au pouvoir s’accompagne, selon elle, d’une politique extérieure plus interventionniste et de « barrières commerciales » qui contribuent à accroître la violence internationale. Ces observations figurent telles quelles dans la présentation du rapport.
Relevé · Fiabilité des sources citées
Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.
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Le rapport s’appuie sur deux sources principales mentionnées dans l’article : PRIO, qui publie l’étude « Conflict Trends », et l’Uppsala Conflict Data Program (UCDP), dont les bases de données servent de fondement aux chiffres avancés. Ces deux institutions sont reconnues dans le champ de l’étude des conflits : PRIO est un institut de recherche internationalement respecté basé à Oslo, et l’UCDP est une référence académique largement utilisée pour la statistique des conflits armés.
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Cependant, toute évaluation de la fiabilité doit tenir compte de limites méthodologiques inhérentes à la mesure des violences : difficultés d’accès aux zones de conflit, variabilité des sources locales, et délais de confirmation des bilans humains. Le rapport lui-même cite des estimations pour certains épisodes — par exemple « quelque 60 000 morts » à El-Facher — formulation qui indique une marge d’incertitude sur les chiffres précis. Cette prudence est importante : les données UCDP sont solides pour les tendances générales, mais leur granularité peut varier selon les régions et les périodes.
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En synthèse, les sources citées sont crédibles et appropriées pour dresser un panorama global, mais les chiffres absolus, en particulier pour des événements en cours ou récents, doivent être lus comme des estimations sujettes à révision.
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Au-delà des bilans, le rapport met en lumière une réalité troublante : la recomposition des conflits contemporains, l’augmentation des attaques contre les civils et la multiplication des foyers de tensions interétatiques. Autant d’éléments qui invitent les décideurs et la communauté internationale à réévaluer leurs réponses pour éviter que ces chiffres ne préfigurent une normalisation durable de la violence.
L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.