Vol flydubai : le parquet émirati affirme que le copilote préparait une attaque-suicide contre l’aéroport Ben-Gourion
Découvrez les accusations du parquet émirati contre le copilote du vol flydubai et les éléments qui restent à vérifier dans l’enquête.
Le copilote omanais du vol flydubai dérouté vers l’Arabie saoudite fin septembre aurait préparé une attaque-suicide visant l’aéroport Ben-Gourion, près de Tel-Aviv, destination initiale de l’appareil. C’est ce qu’a affirmé, vendredi 9 octobre 2026, le procureur général des Émirats arabes unis, Hamad Saif Al Shamsi. Selon le magistrat, le projet du suspect s’inspirait des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Ces conclusions sont celles du parquet émirati, dont l’enquête se poursuit.
Un projet d’attaque attribué au copilote
Âgé de 29 ans, le suspect est accusé d’avoir attaqué le commandant de bord pendant le trajet vers Israël, provoquant un atterrissage d’urgence en Arabie saoudite. Le communiqué présenté par le procureur décrit un projet prémédité : l’agression aurait été destinée à permettre au copilote de prendre le contrôle de l’avion pour mener une attaque contre l’aéroport israélien. L’appareil n’a finalement pas atteint sa destination dans ces circonstances.
Le rapprochement avec les attentats du 11 septembre constitue un élément central de la version des enquêteurs. Il concerne l’intention prêtée au suspect d’utiliser un avion pour commettre une attaque-suicide. Il faut toutefois distinguer cette présentation des motivations présumées du déroulement de l’agression : les deux aspects sont rapportés par les autorités, mais ne répondent pas aux mêmes questions sur la préparation et l’exécution du projet.
Le copilote aurait déclaré avoir agi seul, sans participation d’autres personnes. Le procureur a cependant précisé que les investigations continuaient pour vérifier cette affirmation. L’absence de complices ne peut donc pas être considérée comme définitivement établie. Le communiqué rapporte la version donnée par le suspect, tout en laissant ouverte la question d’éventuelles implications extérieures.
Un parcours professionnel examiné par les enquêteurs
Selon Hamad Saif Al Shamsi, les premiers signes de l’influence idéologique invoquée par l’enquête remontent à 2017, lorsque le suspect étudiait en Australie. Le magistrat évoque une adhésion à une idéologie qualifiée de « takfiri ». Dans ce dossier, cette qualification appartient au récit des autorités sur les convictions présumées du copilote ; elle doit être attribuée comme telle, plutôt que présentée comme une appréciation indépendante.
Le suspect a ensuite travaillé dans plusieurs compagnies aériennes et dans différents pays avant de rejoindre flydubai en janvier 2026, d’après le parquet. Cette chronologie place son recrutement plusieurs années après le début de l’évolution idéologique alléguée. Elle ne permet cependant pas, à elle seule, de déterminer ce que ses employeurs pouvaient connaître de ses opinions ou de ses intentions.
Le procureur affirme que le copilote remplissait les conditions professionnelles et de sécurité exigées lors de son embauche. Il disposait notamment d’une licence de pilote, avait présenté un certificat de bonne conduite et s’était soumis aux vérifications requises. Selon cette même source, ces procédures n’avaient révélé aucun indice de ses opinions extrémistes. Le parquet distingue ainsi la conformité du dossier de recrutement de la détection des intentions qu’il lui attribue aujourd’hui.
Une source officielle identifiable, mais une enquête inachevée
La principale source citée dans l’article est clairement identifiée : le procureur général émirati, qui s’exprime dans un communiqué sur l’enquête. Cette attribution donne une base solide pour rapporter la position du parquet. Elle ne constitue pas pour autant une vérification indépendante de toutes les accusations, notamment des motivations du suspect ou de sa déclaration selon laquelle il aurait agi seul. Le caractère toujours ouvert des investigations impose de conserver cette distinction.
La dépêche Reuters consultée confirme que le procureur a présenté un projet d’attaque-suicide inspiré du 11 septembre et que le recrutement du copilote a été examiné. Ce recoupement renforce la fiabilité de la restitution des déclarations officielles, mais Reuters attribue également ces conclusions aux autorités : il ne s’agit donc pas d’une seconde démonstration autonome des intentions alléguées.
Enfin, la phrase de témoignage insérée dans le texte d’origine n’est accompagnée ni d’une identité ni d’un contexte suffisant pour en évaluer la portée. Elle n’est pas retenue ici comme preuve. À ce stade, l’information essentielle reste l’annonce du parquet, assortie de sa réserve explicite sur la poursuite de l’enquête et la vérification d’éventuelles complicités.