Bally Bagayoko prend la présidence de Plaine Commune et consolide son pouvoir à Saint-Denis une victoire stratégique pour LFI qui renforce son influence sur l'aménagement urbain en Seine-Saint-Denis
Bally Bagayoko préside désormais Plaine Commune et pilote l'aménagement et les projets intercommunaux en Seine-Saint-Denis. Enjeux, tensions et priorités.
Une double victoire institutionnelle pour Bally Bagayoko
Un mois après sa victoire à la mairie de Saint-Denis, Bally Bagayoko, élu sous l’étiquette La France insoumise (LFI), a ajouté une nouvelle casquette politique en prenant la présidence de Plaine Commune, l’une des principales intercommunalités de la région parisienne. Lors de la séance d’installation qui s’est tenue mardi 21 avril au siège de Plaine Commune, à Saint-Denis, les conseillers territoriaux l’ont porté à la présidence par 46 voix sur 79 suffrages exprimés, selon le compte rendu de la réunion.
Présider Plaine Commune, c’est désormais diriger un important outil d’aménagement et de développement local, aux compétences en matière d’urbanisme, d’habitat, d’économie et de politique de la ville. Cette fonction élargit sensiblement le périmètre d’influence du nouveau maire et lui confère un rôle central dans la mise en œuvre des projets territoriaux qui touchent plusieurs communes du nord de la Seine-Saint-Denis.
Un scrutin marqué par des tensions locales
La séance d’installation, décrite comme tendue par des témoins présents, a mis en lumière les rivalités politiques entre les édiles du territoire. Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen, était candidat à la présidence et a contesté la victoire de Bagayoko. Le discours d’investiture du nouveau président — salué par des applaudissements de ses soutiens — a été ponctué de réactions hostiles, des voix huant parfois le rival socialiste ou d’autres intervenants.
Dans son intervention, Bally Bagayoko a tenu à préciser ses intentions politiques en affirmant vouloir faire de cette présidence un levier d’action concret pour l’aménagement et la solidarité territoriale plutôt qu’une tribune partisane. Il a insisté sur la nécessité d’une coopération intercommunale renforcée pour répondre aux défis du logement, des transports et des services publics.
La composition des 79 suffrages exprimés et la majorité relative obtenue illustrent la recomposition des alliances locales après les dernières élections municipales. Pour les observateurs, la présidence de Plaine Commune constitue une prise stratégique : elle offre à son titulaire la capacité d’influer sur les grands projets d’urbanisme et sur la programmation des financements locaux et régionaux.
Enjeux concrets pour le territoire
Plaine Commune porte des dossiers structurants — rénovation des quartiers, construction de logements sociaux, développement économique et transition écologique — qui requièrent une gouvernance stable et concertée entre communes. À la tête de cette intercommunalité, le président pilote la définition des priorités d’investissement et coordonne les politiques publiques au niveau supra-communal.
La nouvelle présidence suscite des attentes, mais aussi des interrogations. Les partenaires institutionnels (État, région, département), les bailleurs sociaux et les associations locales seront attentifs à la capacité de la nouvelle équipe à tenir ses engagements, à gérer les arbitrages budgétaires et à associer l’ensemble des communes aux décisions. La manière dont Bagayoko articulera ses mandats municipal et intercommunal sera scrutée : concilier les intérêts de Saint-Denis avec ceux de la communauté d’agglomération exigera diplomatie et méthode.
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En conclusion, la nomination de Bally Bagayoko à la présidence de Plaine Commune constitue un saut institutionnel notable pour l’élu LFI, qui voit son influence territoriale s’accroître rapidement. Reste à mesurer, dans les prochains mois, la traduction concrète de cette présidence sur les projets d’aménagement, la gouvernance intercommunale et la capacité à rassembler au-delà des clivages politiques locaux.
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