Essonne Un kinésithérapeute condamné à 15 ans de réclusion pour viols et agressions sexuelles sur dix patientes et sa nièce mineure avec suivi socio judiciaire et interdictions professionnelles
Valéry Gourbier condamné à 15 ans pour viols et agressions sur dix patientes et une mineure; suivi socio‑judiciaire et interdictions.
La cour d’assises de l’Essonne a rendu, vendredi 27 septembre, un jugement lourd à l’encontre de l’ancien kinésithérapeute Valéry Gourbier : 15 ans de réclusion criminelle pour violences et agressions sexuelles sur dix patientes ainsi que sur sa nièce lorsqu’elle était mineure. La cour a motivé sa décision par « une culpabilité établie » et « la multiplicité des victimes », tout en rappelant que les actes avaient été commis dans le cadre d’une relation de confiance professionnelle.
Le procès et le verdict
Lors de l’audience, le président de la cour, Charles-Andor Fogarassy, a exposé au condamné que la gravité des faits tenait à leur réalisation en situation d’autorité — celle d’un praticien en contact intime avec des patientes vulnérables — et à la diversité des victimes. La peine prononcée dépasse les réquisitions de l’avocat général, qui avait demandé une sanction comprise entre 12 et 14 ans de réclusion.
Au-delà de la peine principale, la juridiction a assorti la condamnation de mesures complémentaires : un suivi socio-judiciaire de six ans avec injonction de soins, une interdiction durant dix ans d’exercer toute activité en lien avec des mineurs, ainsi qu’une interdiction d’exercer une activité professionnelle dans le domaine de la santé pendant cinq ans. L’avocat de la défense, Laurent Caruso, a dit « comprendre la décision de la cour » mais a déploré que la personnalité de son client n’ait pas, selon lui, été suffisamment prise en compte et a laissé ouverte la possibilité d’un appel.
Les faits reprochés et leur chronologie
La procédure trouve son origine dans une première plainte déposée en 2015 par une patiente de son cabinet de Villiers-sur-Orge, en Essonne. Cette femme, traitée pour des douleurs dorso-lombaires, accuse le kinésithérapeute de l’avoir violée « digitalement » au cours d’une séance de massage, un geste qu’il aurait ensuite justifié comme une « réponse à sa demande » selon ses déclarations antérieures.
L’instruction a rassemblé des faits s’échelonnant sur plusieurs années. Outre la plainte de 2015, la cour a examiné des agressions commises entre 2013 et 2015 au cabinet et un viol commis en février 2007 à l’encontre d’une nièce âgée alors de 16 ans, lors de vacances en Savoie. Sur l’ensemble des faits de viol qui lui étaient reprochés, l’accusé a finalement reconnu, lors du procès, cinq viols sur sept.
Par ailleurs, il était également poursuivi pour huit agressions sexuelles sur des patientes, des chefs d’accusation distincts mais liés au même schéma d’abus de position professionnelle. Le dossier met en lumière la vulnérabilité des personnes prises en charge et la question du contrôle et de la vigilance autour des actes pratiqués dans un cadre médical ou paramédical.
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