Incendie de Crans‑Montana : un employé communal mis en cause dans l'instruction pénale alors que 14 personnes sont visées et que l'enquête cherche à établir responsabilités et manquements aux contrôles
Un employé communal est mis en cause dans l'incendie de Crans Montana. L'instruction vise 14 personnes et examine les manquements aux contrôles sécurité.
Les investigations relatives à l’incendie mortel qui a ravagé le bar Le Constellation à Crans‑Montana lors de la nuit du Nouvel An se poursuivent et prennent une nouvelle tournure : un employé du service des constructions de la commune suisse a été officiellement mis en cause dans l’instruction pénale, a indiqué le ministère public du canton du Valais le mercredi 20 mai, selon des informations relayées par l’AFP et la RTS.
Un changement de statut au cours des auditions
Selon le ministère public, l’agent communal en question s’était initialement présenté aux enquêteurs en qualité de témoin. Au cours de son audition, son statut a toutefois évolué et il a été informé qu’il était désormais considéré comme un suspect. Cette nouvelle mise en cause porte à 14 le nombre de personnes visées par l’instruction pénale ouverte après le drame.
Parmi les personnes déjà visées figurent plusieurs élus et employés — actuels ou anciens — de la commune. Immédiatement après l’incendie, les responsables municipaux avaient admis l’absence de contrôles de sécurité et d’inspection incendie du bar depuis 2019, élément qui a nourri de nombreuses interrogations sur la conformité des lieux et les responsabilités éventuelles.
Le drame et ses premières conclusions
La tragédie, survenue en pleine célébration de la Saint‑Sylvestre, a surtout frappé des adolescents et de jeunes adultes, dont de nombreux ressortissants étrangers — notamment italiens et français —, et a fait 41 morts et 115 blessés. Les premiers éléments de l’enquête laissent apparaître que l’incendie aurait été déclenché par les projections d’étincelles provenant de bougies de type « fontaine », qui auraient enflammé une mousse insonorisante située au plafond du sous‑sol où se trouvait le bar Le Constellation.
Le dossier judiciaire vise également le principal mis en cause jusque‑là identifié dans l’enquête, Jacques Moretti, copropriétaire français du bar avec son épouse Jessica. Sa nouvelle convocation devant les enquêteurs est programmée le 5 juin ; une précédente audition, prévue le 7 avril, avait été reportée après que ses avocats eurent produit des certificats médicaux.
Le récit des survivants, évoquant la rapidité de la propagation du feu et les difficultés d’évacuation, a été central dans l’instruction préliminaire. Un témoignage repris par la presse rapporte notamment les nuits de cauchemars d’une rescapée, Tahirys Dos Santos, soulignant le traumatisme durable subi par les victimes et leurs familles.
La multiplication des personnes mises en cause et le rôle d’un employé communal soulèvent des questions juridiques et administratives distinctes : celles de la responsabilité pénale individuelle, et celles de l’obligation des autorités locales en matière de contrôle et de sécurité des établissements ouverts au public.
Sur le plan procédural, l’instruction pénale vise à déterminer les causes exactes de l’incendie, à établir les responsabilités — pénales et civiles — et à éclairer les manquements éventuels en matière de prévention et d’inspection. Le calendrier des auditions, des expertises techniques et des mesures conservatoires dépendra des suites données par le ministère public et des besoins des experts mandatés pour reconstituer la dynamique du sinistre.
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