Incendie majeur en forêt de Fontainebleau plus de 800 hectares brûlés et 500 pompiers mobilisés moyens aériens déployés évacuations et impact sur les transports enquêtes en cours
Incendie forêt de Fontainebleau : plus de 800 hectares brûlés, 500 pompiers mobilisés et évacuations. Le feu reste actif.
Depuis dimanche 12 juillet, un incendie d’une ampleur exceptionnelle dévore une partie du massif forestier de Fontainebleau, en Seine‑et‑Marne, à une cinquantaine de kilomètres au sud‑est de Paris. Parti vers 16h40 en bordure de l’autoroute A6, près de Noisy‑sur‑École, le feu a rapidement gagné une végétation très sèche, aggravé par les vagues de chaleur observées depuis la fin mai.
Lundi matin, les autorités faisaient état de plus de 800 hectares déjà parcourus par les flammes. Les secours décrivent un sinistre « particulièrement intense pour les latitudes en Île‑de‑France » et qualifient l’intervention de « hors norme ». Le chef du service communication du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de Seine‑et‑Marne a précisé que « le feu continue d’être actif sur son avant et sur ses flancs ».
Moyens engagés et opérations
Face à la progression rapide du feu, les effectifs ont été renforcés au fil de la nuit : plus de 500 sapeurs‑pompiers étaient mobilisés selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Les dispositifs au sol sont soutenus par des moyens venus de plusieurs départements voisins, et l’objectif principal des secours est désormais de ralentir la progression des flammes pour protéger les habitations en lisière et éviter de nouveaux départs.
Pour appuyer les équipes, des moyens aériens ont été déployés : deux Canadair et deux hélicoptères bombardiers d’eau, ainsi que d’autres appareils. Les Canadair effectuent des écopages dans la Seine, entre Chartrettes et Bois‑le‑Roi, avant de procéder aux largages sur la zone sinistrée. Selon le Sdis, l’usage de bombardiers d’eau dans ce massif est inédit pour la région.
Les conditions d’intervention sont particulièrement difficiles : végétation asséchée, températures élevées et vent favorisant la propagation des flammes. Les autorités ont demandé aux habitants d’éviter tout déplacement dans le secteur afin de ne pas gêner les opérations de secours, et ont diffusé des alertes FR‑Alert pour prévenir les personnes présentes dans la zone des largages aériens.
Impacts humains, animaliers et sur les transports
En raison de la menace, environ 900 personnes ont été évacuées et accueillies dans des structures mises à disposition par les communes (gymnases, etc.). Au moment des évacuations, un des fronts de feu n’était plus qu’à une centaine de mètres des premières maisons ; heureusement, les autorités ont déclaré n’avoir enregistré ni habitations touchées ni blessés.
Le sinistre a aussi conduit des propriétaires à déplacer des animaux : plusieurs chevaux ont été rassemblés au Grand Parquet, le stade équestre de Fontainebleau, pour les éloigner des zones menacées.
Le feu a perturbé la circulation routière et ferroviaire. L’autoroute A6 a été fermée dimanche dans les deux sens entre Soisy‑sur‑École et Nemours sur une vingtaine de kilomètres pour permettre l’intervention des secours et protéger les automobilistes du dense panache de fumée. Le trafic sur la ligne à grande vitesse Paris‑Lyon a été momentanément interrompu après qu’un autre incendie a endommagé des installations près du Châtelet‑en‑Brie ; SNCF Réseau a annoncé ensuite une reprise de la circulation à « vitesse normale » lorsque ce second foyer a été fixé.
Origine du feu et suite de l’enquête
Lors d’un déplacement sur les lieux, le ministre de l’Intérieur a évoqué la possibilité d’une origine volontaire : il a fait état d’une dizaine de points de départ situés dans un périmètre d’environ 1 000 mètres, observation qui laisse, selon lui, supposer une intervention volontaire. Une enquête est en cours et les autorités n’ont pas livré d’autres éléments publics à ce stade.
Le ministre a exprimé « un bon espoir » de « pouvoir fixer le feu dans la journée », tout en soulignant que le traitement complet du sinistre pourrait prendre « plusieurs jours voire plusieurs semaines ».
Sur le plan environnemental, l’incendie est présenté par certains experts comme un signal d’alerte face aux épisodes de chaleur extrême et à la sécheresse des milieux, conditions aggravantes dans la propagation des feux de forêt.
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