Après la mort de Lyhanna le Conseil de Paris demande l'examen rapide d'une loi intégrale contre les violences sexuelles pour renforcer la justice la police la protection des enfants la santé et la prévention en milieu scolaire
Le Conseil de Paris a adopté à l'unanimité un vœu demandant l'inscription urgente d'une loi intégrale contre les violences sexuelles après l'affaire
Le Conseil de Paris a adopté, mardi 16 juin, à l’unanimité un vœu demandant l’inscription « dans les meilleurs délais » à l’ordre du jour parlementaire d’une « loi intégrale » visant à lutter contre les violences sexuelles. La décision intervient après l’émoi suscité par l’affaire Lyhanna et les mobilisations citoyennes qui l’ont accompagnée.
Un vœu adopté à l’unanimité et une minute de silence
Ouvert par le maire socialiste Emmanuel Grégoire, le Conseil de Paris a observé une minute de silence en hommage à Lyhanna avant d’adopter le vœu. Grégoire a appelé le gouvernement « à se saisir en urgence du dossier pour l’inscrire à l’agenda parlementaire », soulignant l’urgence et l’ampleur des mesures demandées par les associations et coalitions féministes et de protection de l’enfance.
Le texte réclamé — qualifié de « loi intégrale » — vise, selon les promoteurs cités dans la séance, à couvrir l’ensemble des réponses publiques aux violences sexuelles : justice, police, protection des enfants, santé, et conditions de travail. Une proposition de loi composée de 79 articles avait été déposée fin 2025 et cosignée par une centaine de députés, mais, à ce stade, elle n’a pas été examinée en séance parlementaire.
Pression citoyenne et réactions politiques
La pression de l’opinion publique s’est incarnée, la veille, par le rassemblement de plus d’un millier de manifestants devant le ministère de la Justice à Paris et devant plusieurs tribunaux en France. Les manifestants ont exprimé leur détermination à obtenir l’examen et l’adoption d’un texte global, estimant que les réponses fragmentaires sont insuffisantes face à l’ampleur du phénomène.
Au sein du Conseil, les échanges ont traduit un mélange d’unités formelles et de critiques : Maud Gatel (MoDem) a dénoncé « dix ans d’inaction » et affirmé que les enfants parisiens « méritent mieux qu’une ville qui assume enfin ses responsabilités », tandis que Florence Berthout (Horizons) a mis en garde contre des mesures pouvant ressembler à des « écrans de fumée ». Ces remarques témoignent d’une volonté commune d’agir, mais aussi d’un débat sur la portée et la mise en œuvre concrète des mesures proposées.
Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo, a annoncé la mise en place d’une commission d’enquête indépendante chargée de « faire la lumière » sur les dysfonctionnements constatés dans les dispositifs périscolaires et plus largement dans la gestion municipale des protections d’enfants au cours des dix dernières années. Par ailleurs, le Conseil de Paris doit installer, jeudi, une mission d’information et d’évaluation transpartisane à la demande de l’opposition de droite, afin d’approfondir le diagnostic et de proposer des pistes d’action.
Le vœu adopté par l’assemblée parisienne ne transforme pas immédiatement la proposition de loi en texte législatif, mais il marque une pression institutionnelle supplémentaire sur le gouvernement et le Parlement pour qu’ils inscrivent ce dossier à l’ordre du jour et engagent l’examen d’un projet plus large et coordonné.
Les partisans de la « loi intégrale » demandent que le texte traite de l’ensemble des maillons qui permettent de prévenir, détecter, protéger et sanctionner : renforcement des dispositifs d’information et de signalement, formation des professionnels (enseignants, travailleurs sociaux, forces de l’ordre), sécurisation des procédures judiciaires, amélioration de la prise en charge médicale et psychologique des victimes, et renforcement des garanties de protection des mineurs dans les structures périscolaires.
Si la mobilisation sociale et l’adoption à l’unanimité du vœu constituent des signaux politiques forts, plusieurs étapes restent nécessaires : inscription effective à l’ordre du jour parlementaire, examen en commission et en séance, puis adoption éventuelle et mise en œuvre. À chaque étape, le contenu précis du texte et les moyens alloués seront déterminants pour l’efficacité réelle des mesures proposées.
Relevé · Fiabilité des sources citées
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