Budget de la Sécurité sociale rejeté en commission avant son retour à l'Assemblée nationale : débats relancés, vote attendu le 9 décembre, rétablissement de la CSG sur le capital et dégel des pensions
La commission a rejeté le budget 2026 : CSG sur le capital rétablie, pensions dégelées. Débats reprennent à l'Assemblée, vote attendu le 9 décembre.
La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale a rejeté en nouvelle lecture, samedi 29 novembre en fin de soirée, le projet de budget de la Sécurité sociale. Le texte retourne en hémicycle pour une reprise des débats dès mardi, sur la base de la version transmise par le Sénat, et un vote des députés est attendu le 9 décembre. Ce rejet en commission, loin d’être anecdotique, met en lumière les désaccords profonds entre groupes parlementaires sur les recettes et les dépenses de la protection sociale pour 2026, et précise les points de tension qui devront être tranchés d’ici au vote final.
Ce qui a été rejeté, supprimé ou rétabli
La commission a notamment rétabli une hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du capital, mesure portée à l’Assemblée en première lecture par les socialistes puis supprimée au Sénat. Selon le texte voté en commission, cette augmentation devrait rapporter 2,8 milliards d’euros supplémentaires en 2026. Le groupe Renaissance a de nouveau soutenu cette disposition, suscitant les remerciements des représentants socialistes qui présentent cette hausse comme nécessaire pour renflouer les recettes de la Sécurité sociale. La droite et l’extrême droite y ont dit non, marquant l’un des clivages majeurs sur la fiscalité du capital.
Par contraste, la commission a supprimé, comme en première lecture, le gel du barème de la CSG que le gouvernement proposait et que le Sénat avait rétabli. Sur ce point, les députés Les Républicains se sont écartés de la position des sénateurs de leur propre famille politique, illustrant la fragmentation des majorités entre les deux chambres.
Autre modification notable : la commission a écarté un article proposé par les sénateurs socialistes tendant à soumettre aux cotisations sociales certains compléments de salaire (primes d’intéressement, etc.) lorsqu’ils dépassent 6 000 euros par an pour des salaires au-delà de trois fois le Smic. Sur la question des dépenses, le gel des prestations sociales et des pensions — habituellement indexées sur l’inflation — a été au centre des débats. Contrairement au Sénat, la commission a rétabli le dégel pour l’ensemble des retraités, quel que soit le niveau de pension, et a également rétabli la suspension de la réforme des retraites que les sénateurs avaient supprimée. Ces choix montrent la volonté de préserver le pouvoir d’achat des ménages, au prix d’un effort supplémentaire sur les recettes.
Enjeux politiques et calendrier des débats
Le vote en commission illustre d’abord la complexité du chemin parlementaire. Le rejet du texte en nouvelle lecture ne signifie pas sa disparition, mais il oblige à de nouvelles négociations entre groupes, à des arbitrages politiques et à des corrections techniques avant le passage en hémicycle. Les positions identifiées — abstention du PS selon Jérôme Guedj, vote contre des députés LR d’après Justine Gruet, hésitations annoncées du groupe Horizons par Frédéric Valletoux — donnent un aperçu des marges de manœuvre et des lignes rouges de chaque formation.
Sur le fond, les choix opèrent un équilibre entre deux impératifs concurrents : restaurer les recettes de la Sécurité sociale sans alourdir excessivement la fiscalité pesant sur les ménages et éviter une compression trop forte des prestations qui aggraverait la précarité. L’augmentation de la CSG sur le capital (2,8 milliards) est une réponse ciblée sur les recettes ; le rétablissement du dégel des pensions répond à la contrainte sociale et politique de protection du pouvoir d’achat. La question demeure de savoir si ces mesures suffiront à équilibrer le budget 2026, et qui devra finalement céder sur quelles lignes avant le vote du 9 décembre.
Relevé · Fiabilité des sources citées
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