Catalogne : Les indépendantistes perdent leur majorité face aux socialistes de Pedro Sanchez
Les partis indépendantistes perdent leur majorité en Catalogne
Les partis indépendantistes qui ont dirigé la Catalogne ces dix dernières années ont subi un revers lors des élections régionales du dimanche 12 mai. Les socialistes, menés par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, ont remporté le scrutin, mettant fin à la majorité des partis séparatistes en place. Sur les 135 sièges du parlement régional, les formations indépendantistes, dont Junts per Catalunya de Carles Puigdemont et la Gauche républicaine de Catalogne de Pere Aragonès, ont obtenu 59 sièges, contre 74 lors des précédentes élections de février 2021. Les socialistes ont quant à eux récolté 42 sièges, 9 de plus qu’en 2021.
Cette évolution politique marque un recul du sentiment séparatiste en Catalogne, plus de six ans après la tentative de sécession d’octobre 2017, qui a secoué l’Espagne. Salvador Illa, candidat socialiste et ancien ministre de la Santé durant la pandémie de Covid-19, devra former une coalition pour obtenir une majorité parlementaire. Certaines hypothèses évoquent une alliance avec l’extrême gauche, alliée de Pedro Sánchez au niveau national, ainsi qu’avec ERC, le parti indépendantiste le plus modéré.
Une stratégie politique cruciale pour Pedro Sánchez
Pedro Sánchez avait placé ces élections régionales comme un enjeu majeur de sa politique, cherchant à démontrer que sa politique conciliante menée en Catalogne depuis son arrivée au pouvoir en 2018 a porté ses fruits, réduisant le soutien à la cause indépendantiste. Cette victoire des socialistes représente également un soulagement pour le Premier ministre, alors que son mandat était fragilisé par des enquêtes judiciaires visant son épouse.
Pour refermer les plaies laissées par la crise politico-séparatiste de 2017, Pedro Sánchez a initié des gestes d’apaisement envers les dirigeants indépendantistes, allant jusqu’à envisager une amnistie pour ces derniers. Cette mesure a suscité des tensions avec l’opposition de droite et d’extrême droite en Espagne, qui accuse le Premier ministre d’être sous l’influence des partis indépendantistes pour se maintenir au pouvoir.
Ces élections régionales ont également été marquées par l’émergence d’une nouvelle formation séparatiste d’extrême droite, Alliance catalane, qui a remporté deux sièges. Cependant, les autres partis indépendantistes ont affirmé ne pas souhaiter s’allier avec cette nouvelle entité. Les conservateurs du Parti Populaire ont enregistré une progression significative en remportant 15 sièges, alors que le parti d’extrême droite Vox a maintenu sa présence avec 11 sièges.
En résumé, ces élections en Catalogne ont marqué un tournant politique en mettant fin à la majorité des partis indépendantistes, ouvrant la voie à des négociations et alliances pour former un nouveau gouvernement régional. Pedro Sánchez voit dans cette victoire socialiste une validation de sa politique de conciliation en Catalogne, tout en continuant