Colloque sur la Palestine annulé au Collège de France puis délocalisé au Carep les 13-14 novembre Relance le débat sur la liberté académique
Après l'annulation au Collège de France, le colloque se tiendra au Carep les 13-14 novembre; séances diffusées en ligne. Lire le déroulé et les enjeux.
L’événement aura finalement lieu, après une semaine de controverses et d’annulations successives. Le colloque « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », initialement programmé au Collège de France et coorganisé par le Carep (Centre arabe de recherches et d’études politiques), se tiendra jeudi 13 et vendredi 14 novembre à Paris, délocalisé au Carep lui‑même, a annoncé l’organisateur dans un communiqué mercredi soir. Les organisateurs remercient les intervenants et les nombreux universitaires, chercheurs et étudiants qui ont manifesté leur attachement à la liberté académique et à l’indépendance de la recherche.
Genèse de la polémique et annulation
La controverse a éclaté après la publication, le 7 novembre, d’un article du hebdomadaire Le Point relatant le contenu du colloque et la liste des intervenants. Le programme annonçait des communications sur des thèmes sensibles — du sionisme comme « projet européen d’expansion coloniale » aux responsabilités de l’Europe depuis l’échec d’Oslo jusqu’aux destructions à Gaza — et comptait parmi les invités des personnalités comme Dominique de Villepin, Francesca Albanese (rapporteure spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés) ou Josep Borrell.
L’article du Point qualifiait le colloque d' »antisioniste et décolonial » et pointait des liens présumés entre le Carep et le Qatar. La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a dénoncé une « foire antisioniste » et saisi le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste.
Face à la montée des tensions, le Collège de France a finalement annoncé, dimanche, l’annulation de la manifestation, invoquant la « stricte neutralité » de l’établissement sur les questions politiques et la nécessité d’assurer la sécurité des personnes et la sérénité des événements tenus dans ses murs.
Réactions et mobilisation en faveur de la liberté académique
La décision du Collège a suscité un vif mouvement de protestation au sein du monde universitaire. Le ministre Baptiste a qualifié l’annulation de « responsable » tout en défendant le principe d’un débat « libre, respectueux et pluriel ». De son côté, le président du Crif, Yonathan Arfi, a estimé que le colloque ne réunissait pas ces conditions.
Des instances universitaires et des chercheurs ont pour leur part dénoncé une atteinte à la liberté académique : France Universités a exprimé sa « stupeur » et son inquiétude, le Snesup a exigé que le colloque se tienne, et le professeur François Héran a critiqué l’administration du Collège, évoquant une forme de « cancel culture ». Une pétition en ligne demandant la démission du ministre de l’Enseignement supérieur a recueilli plusieurs milliers de signatures.
Mercredi, le Carep a confirmé la tenue du colloque dans ses locaux, précisant que la réorganisation avait été complexe et que le nouveau lieu ne permettrait pas d’accueillir l’ensemble du public prévu. Les séances seront toutefois diffusées en direct et enregistrées, afin d’assurer une accessibilité maximale.
Évaluation et portée : la tenue du colloque au Carep traduit une volonté claire de maintenir l’échange scientifique malgré les pressions politiques et médiatiques. Le dossier met en lumière la difficulté pour les institutions académiques de concilier neutralité, sécurité et liberté d’expression sur des sujets géopolitiques vivement débattus.
Relevé · Fiabilité des sources citées
Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.
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– Le Point : hebdomadaire d’information reconnu mais souvent polémique. Ses enquêtes peuvent être informatives ; toutefois, ses titres et cadrages ont parfois une tonalité militante. Ses affirmations — notamment sur des liens financiers — doivent être vérifiées par des sources documentaires indépendantes.
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– Franceinfo : service public d’information à vocation factuelle. Fiable pour le suivi des événements et la synthèse des déclarations officielles, bien qu’il puisse renvoyer à des éléments d’actualité produits par d’autres médias.
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– Collège de France : source primaire et officielle pour la décision d’annulation. Son communiqué institutionnel est une information de première main sur ses motivations et contraintes.
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– Carep : coorganisateur et partie prenante. Fournit des informations directes sur la tenue et la réorganisation du colloque, mais sa position est engagée en faveur de la poursuite de l’événement.
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– Licra et Crif : organisations de vigilance et de représentation, respectivement. Leurs prises de position reflètent des points de vue et des intérêts clairs ; utiles pour mesurer l’intensité des oppositions, moins neutres pour l’analyse factuelle.
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– Philippe Baptiste (ministre) : source officielle dont les déclarations publiques sont importantes pour comprendre l’arbitrage politique. Sa posture combine souci de sécurité et défense de la liberté académique.
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– France Universités, Snesup, François Héran : acteurs et personnalités du monde universitaire. Leurs réactions constituent des témoignages crédibles sur l’impact de la décision au sein du milieu académique.
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– Mediapart : site d’investigation à forte audience, généralement rigoureux mais situé à gauche de l’échiquier politique ; ses publications doivent être lues comme des enquêtes documentées mais parfois engagées.
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– Pétitions en ligne : indicateurs de mobilisation publique mais pas des sources documentaires fiables pour établir des faits.
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En synthèse, le récit de l’annulation puis de la délocalisation repose principalement sur des communiqués institutionnels (Collège de France, Carep) et des déclarations publiques d’acteurs politiques et associatifs. Les éléments d’analyse avancés par la presse doivent être recoupés, en particulier les allégations de liens financiers, pour établir un bilan factuel complet.
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La tenue du colloque au Carep et sa diffusion en ligne permettront d’observer directement le contenu des interventions et d’alimenter un débat public documenté, élément essentiel pour éclairer les questions soulevées sans céder aux polémiques hors de l’espace académique.
L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.