Crise sécuritaire sans précédent en Equateur : le pays plongé dans un "conflit armé interne"
Depuis dimanche, l’Equateur fait face à une escalade de violences sans précédent. Le gouvernement a déclaré le pays en « état de conflit armé interne » le mardi 9 janvier, au troisième jour de cette crise sécuritaire, qui a déjà fait au moins 10 morts selon un premier bilan. La situation est un échec cuisant pour Daniel Noboa, le plus jeune président de l’Equateur, qui a été élu en novembre 2023 et promettait de rétablir la sécurité dans le pays lors de son investiture.
Les bandes criminelles, qui étaient principalement de simples gangs de rue il y a quelques années, ont gangréné le pays d’Amérique du Sud depuis qu’il est devenu le principal point d’exportation de cocaïne produite au Pérou et en Colombie. Autrefois considéré comme un havre de paix, le pays est maintenant ravagé par la violence. Le pays est en proie à une crise sécuritaire inédite.
La crise a commencé lorsque Adolfo Macias, surnommé « Fito », s’est évadé de la prison de Guayaquil où il purgeait une peine de 34 ans pour crime organisé, trafic de stupéfiants et meurtre depuis 2011. Il dirige le puissant gang de narcotrafiquants des Choneros et était déjà parvenu à s’échapper de prison en 2013 pendant trois mois avant d’être capturé à nouveau. Sa fuite a déclenché une série de mutineries et de prises d’otages de gardiens dans plusieurs établissements pénitentiaires du pays. Selon un communiqué de l’administration pénitentiaire, 139 membres du personnel sont actuellement retenus en otage dans cinq prisons équatoriennes. Des vidéos circulent sur les réseaux sociaux, montrant les otages sous la menace de couteaux et implorant le gouvernement « d’agir avec prudence ».
En réponse à ces événements, le président Daniel Noboa a décrété l’état d’urgence dans le pays. L’armée est autorisée à participer au maintien de l’ordre dans les rues et les prisons du pays pour une durée de 60 jours. Un couvre-feu est également en vigueur de 23h à 5h. Certains droits, tels que l’inviolabilité du domicile et la correspondance, sont également restreints. Les forces de sécurité sont mobilisées pour retrouver et neutraliser Adolfo Macias, qu’elles qualifient de « criminel aux caractéristiques extrêmement dangereuses, dont les activités présentent des caractéristiques de terrorisme ». Une enquête est également en cours contre deux fonctionnaires pénitentiaires soupçonnés d’avoir participé à l’évasion de « Fito ».
La crise sécuritaire en Equateur continue de s’aggraver. Mardi après-midi, des hommes armés ont pris en otage des journalistes et des employés d’une chaîne de télévision publique à Guayaquil. Les assaillants ont représenté les signes de reconnaissance des gangs de rue devant les caméras, avant que la police n’intervienne et libère les otages. Aucun mort ni blessé officiel n’a été signalé. Suite à cet incident, le président a déclaré le pays en état de « conflit armé interne » et a ordonné la « neutralisation » des groupes criminels impliqués dans le narcotrafic.
En raison de cette crise, le ministère de l’Education a ordonné la fermeture temporaire de toutes les écoles du pays, au moins jusqu’à vendredi. Certaines villes ont également pris des mesures supplémentaires, avec la fermeture des magasins et des centres commerciaux à Quito, la capitale, et des établissements hôteliers verrouillés à Guayaquil, le grand port du pays. La crise commence également à avoir des répercussions au-delà des frontières, avec le Pérou voisin déclarant l’état d’urgence dans toutes les régions frontalières de l’Equateur. La Chine a suspendu les activités consulaires de son ambassade sur place et les Etats-Unis, le Brésil, le Chili et la Colombie ont exprimé leur soutien à l’Equateur.
Il est important de noter que cet article est basé sur des informations provenant de différentes sources, notamment Franceinfo, France 24 et El Pais. Ces sources sont des médias d’information reconnus et fiables, mais il est toujours conseillé de recouper les informations avec d’autres sources pour évaluer leur fiabilité. En raison de la nature en évolution rapide de la situation, il est également possible que de nouveaux développements aient eu lieu depuis la publication de cet article.