Débat autour de la suppression d'un jour férié : les arguments en présence
Une possible deuxième journée de solidarité en France
Les Français pourraient-ils bientôt être appelés à travailler un jour supplémentaire, sans compensation financière, pour soutenir le système social de leur pays ? C’est la question qui se pose alors que des sénateurs républicains défendent l’idée d’instaurer une deuxième journée de solidarité. Cette proposition est examinée dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, dont le début des débats est prévu le mercredi 13 novembre au Sénat.
La journée de solidarité a été instaurée en 2004, suite à la canicule meurtrière de 2003, pour contribuer au financement de l’autonomie des personnes âgées. Les employeurs participent actuellement à hauteur de 0,3% de leur masse salariale pour cette cause, tout en adaptant l’organisation du travail en conséquence. En 2018, cette contribution de solidarité pour l’autonomie s’est élevée à 2,4 milliards d’euros, selon la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.
Cette contribution ne représente qu’une partie des recettes de la caisse, atteignant 41,8 milliards d’euros l’année dernière, bien loin derrière la Contribution Sociale Généralisée (CSG). En plus de cette contribution, une autre taxe, la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie, est prélevée depuis 2013 sur les pensions de retraite et d’invalidité, rapportant 0,9 milliard d’euros.
Des débats et des réserves face à cette proposition
La perspective d’instaurer une deuxième journée de solidarité a suscité des débats et des réserves. En effet, une étude réalisée il y a quatre ans par Laurent Vachey, inspecteur général des finances, avait soulevé des incertitudes quant aux impacts économiques et sur l’emploi d’une telle mesure. De plus, les partenaires sociaux se sont généralement montrés hostiles à cette idée.
Malgré ces réticences, la commission des affaires sociales du Sénat a repris cette proposition fin septembre, la considérant comme un moyen de renforcer les financements des établissements médicosociaux. Plusieurs parlementaires, notamment au centre, ont également soutenu cette idée. Toutefois, des voix discordantes se font entendre, soulignant notamment que cette mesure ne concerne que les travailleurs, sans impliquer les revenus financiers ou les dividendes.
Le gouvernement, quant à lui, laisse la porte ouverte aux parlementaires pour étudier cette proposition, en soulignant l’importance de contribuer à l’effort de redressement du pays. Néanmoins, certains estiment que cette mesure pourrait être coûteuse politiquement pour un bénéfice économique limité pour les entreprises.
Ces discussions montrent que l’instauration d’une deuxième journée de solidarité ne fait pas l’unanimité et soulève des interrogations quant à son efficacité économique et sociale. En attendant la conclusion des débats parlementaires, le sujet reste ouvert et suscite des opinions divergentes au sein de la classe politique et syndicale, ainsi que parmi les experts économiques.