Dmitri Medvedev accuse le Rassemblement national de russophobie après sa condamnation des pressions russes sur la France
Dmitri Medvedev accuse le Rassemblement national de russophobie. Le RN durcit son ton envers Moscou, tandis que le Kremlin nuance cette attaque.
Une attaque virulente contre le Rassemblement national
Le Rassemblement national a-t-il infléchi sa position à l’égard de la Russie ? C’est, en substance, la question posée par les déclarations de Dmitri Medvedev après la publication d’un communiqué commun de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. L’ancien président russe, aujourd’hui secrétaire adjoint du Conseil de sécurité de Russie, a accusé le parti français d’être devenu « russophobe » et de soutenir les « nazis à Kiev ».
« Apparemment, le parti de [Marine] Le Pen est maintenant un parti européen ordinaire : russophobie et soutien aux nazis à Kiev », a écrit Dmitri Medvedev sur le réseau social X, lundi 21 septembre. Cette formule, particulièrement polémique, s’inscrit dans une rhétorique régulièrement utilisée par les responsables russes pour dénoncer le soutien occidental à l’Ukraine. Elle ne constitue pas, en elle-même, une analyse détaillée de l’évolution du programme ou de la stratégie du RN, mais plutôt une attaque politique visant la nouvelle tonalité adoptée par ses dirigeants.
Le propos de Dmitri Medvedev doit donc être considéré comme une déclaration partisane. L’intéressé reste une figure importante de l’appareil politique russe, mais il est également connu pour ses prises de position très offensives sur les questions internationales. Les termes employés à l’égard de Kiev relèvent d’une accusation idéologique et ne permettent pas d’établir objectivement que le Rassemblement national soutiendrait des mouvements qualifiés de « nazis ».
Le communiqué de Le Pen et Bardella en cause
À l’origine de cette réaction se trouve un communiqué publié samedi par Marine Le Pen et Jordan Bardella, président du RN. Les deux responsables y condamnaient la saisie, en Russie, des actifs de la filiale du groupe français Auchan. Ils estimaient également que Moscou ne pouvait pas « espérer dicter directement ou indirectement la politique » de la France « par l’intimidation, la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique ».
Le communiqué ajoutait : « Aucune provocation, aucune opération clandestine et aucune action de déstabilisation ne sauraient conduire la France à faciliter l’obtention par la Russie de ses buts de guerre en Ukraine. » Ces déclarations traduisent une volonté affichée de condamner toute tentative d’influence russe sur la politique française et de maintenir une ligne de fermeté à l’égard de Moscou.
Cette position peut apparaître en décalage avec certaines prises de parole antérieures du Rassemblement national, notamment lorsque le parti défendait une approche plus conciliante envers la Russie ou insistait sur la nécessité de préserver un dialogue avec le Kremlin. Le texte fourni ne détaille toutefois pas les évolutions précises du programme du RN ni les déclarations précédentes auxquelles il est fait référence. Il convient donc de parler d’un changement de ton ou d’une inflexion apparente plutôt que d’une rupture définitivement établie.
Le Kremlin prend ses distances avec les propos de Medvedev
Les déclarations de Dmitri Medvedev n’ont pas été pleinement reprises par le Kremlin. Lors d’un briefing téléphonique quotidien avec la presse, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, s’est montré plus mesuré. « La Russie ne menace personne, ne fait de chantage à personne. Et nous sommes donc catégoriquement en désaccord avec de telles déclarations, nous ne les acceptons pas », a-t-il déclaré.
Cette réaction marque une différence de ton entre un responsable politique russe connu pour ses attaques publiques et la communication officielle du Kremlin. Elle ne signifie pas nécessairement que Moscou approuve la ligne défendue par le RN, mais elle indique que les propos de Medvedev ne doivent pas être automatiquement présentés comme la position formelle de l’État russe.
Sur le plan de la fiabilité, les informations rapportées reposent principalement sur les déclarations attribuées à trois responsables identifiables : Dmitri Medvedev, Dmitri Peskov, ainsi que Marine Le Pen et Jordan Bardella. Leur existence paraît vérifiable à partir des citations mentionnées, mais aucun lien vers le message publié sur X, le communiqué du RN ou le briefing du Kremlin n’est fourni dans l’article d’origine. L’évaluation de ces sources reste donc limitée au contenu transmis. Les faits doivent être distingués des commentaires politiques : les déclarations sont rapportées, tandis que l’idée d’un changement durable de ligne du RN nécessite des éléments complémentaires et une comparaison documentée avec ses positions précédentes.