Élections législatives au Maroc le PAM en tête avec 97 sièges face au recul du RNI et à la forte abstention
Élections Maroc : le PAM remporte 97 sièges, le PJD progresse et la participation chute à 38 %. Découvrez les enjeux du prochain gouvernement.
Le PAM arrive en tête, sans majorité absolue
Le Parti authenticité et modernité (PAM) est arrivé en tête des élections législatives marocaines organisées le mercredi 23 septembre. Selon les résultats provisoires annoncés par le ministère de l’Intérieur dans la nuit de mercredi à jeudi, la formation a remporté 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants.
Ce résultat place le PAM en position centrale pour négocier la formation du prochain gouvernement, mais ne lui permet pas de gouverner seul. La majorité absolue étant fixée à 198 sièges, le parti devra conclure une alliance avec plusieurs autres formations afin de réunir une coalition parlementaire suffisamment large.
Le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui dirigeait la coalition sortante et dont est issu le chef du gouvernement Aziz Akhannouch, arrive en deuxième position avec 66 députés. Le parti enregistre ainsi un recul important par rapport aux élections législatives de 2021, lors desquelles il avait obtenu 102 sièges.
L’Istiqlal, autre composante de la majorité sortante, complète le podium avec 65 élus. À eux trois, le PAM, le RNI et l’Istiqlal disposent de 228 sièges, soit un nombre suffisant pour former une majorité. Cette configuration pourrait toutefois donner lieu à des négociations sur la répartition des responsabilités et les priorités du futur exécutif.
Le retour remarqué du PJD
Le principal événement politique du scrutin réside dans la remontée spectaculaire du Parti de la justice et du développement (PJD). Après avoir été réduit à 13 sièges en 2021, le parti obtient cette fois 54 députés. Il devient ainsi la quatrième force de la Chambre des représentants, loin derrière les trois formations arrivées en tête, mais avec une progression qui lui permet de retrouver une place significative dans le paysage parlementaire.
Le PJD avait notamment axé sa campagne sur la lutte contre la corruption. Son retour intervient après une défaite historique aux précédentes élections, qui avait mis fin à une décennie de présence dominante au sein de l’exécutif. Le nouveau rapport de forces ne lui permet pas, à lui seul, de prétendre diriger le gouvernement, mais il pourrait peser dans les débats parlementaires et dans l’opposition.
Le reste de l’Assemblée demeure très fragmenté. Le Mouvement populaire obtient 29 sièges, l’Union socialiste des forces populaires 26, le Parti du progrès et du socialisme 19 et l’Union constitutionnelle 17. Plusieurs autres formations se partagent les sièges restants, confirmant la nécessité de rechercher des accords entre partis.
Une participation en nette baisse
Le scrutin a également été marqué par une faible mobilisation. Le taux de participation s’est établi à environ 38 %, selon les chiffres provisoires du ministère de l’Intérieur, contre 50,86 % en 2021 et 42,27 % en 2016. Il s’agit du niveau le plus bas enregistré depuis près de vingt ans, d’après les comparaisons reprises par plusieurs médias.
L’abstention, particulièrement sensible chez les jeunes, constituait l’un des principaux enjeux de cette élection. Elle intervient dans un contexte marqué par les préoccupations liées au chômage, au coût de la vie et aux inégalités. Le scrutin s’est aussi tenu moins de deux mois après la crise migratoire de Ceuta, qui avait ravivé les tensions entre le Maroc et l’Espagne.
La faible participation limite toutefois la portée politique d’une victoire électorale, même nette. Les résultats traduisent la répartition des sièges entre les électeurs mobilisés, mais ils ne reflètent pas nécessairement l’adhésion d’une majorité de la population aux programmes proposés par les partis.
Le roi chargé de désigner le futur chef du gouvernement
Conformément au fonctionnement institutionnel marocain, le roi Mohammed VI doit désigner le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête. La personnalité appelée à conduire le prochain exécutif sera donc issue du PAM. Elle devra ensuite négocier une coalition pour un mandat de cinq ans.
Le futur gouvernement devra notamment défendre les engagements annoncés pendant la campagne par le PAM : une croissance moyenne de 5 % par an, une inflation maintenue autour de 2 % et la création d’au moins un million d’emplois sur la durée du mandat. Ces objectifs seront confrontés à une prévision de croissance de 4,4 % pour 2026.
Le système marocain laisse par ailleurs au monarque une influence déterminante sur les grandes orientations des secteurs stratégiques. La formation du gouvernement constituera donc la première étape d’une séquence politique qui devra combiner équilibre parlementaire, choix des portefeuilles ministériels et continuité des priorités nationales.
Évaluation de la fiabilité des sources : l’article d’origine ne cite aucune source identifiable, ce qui limite la possibilité de vérifier directement ses affirmations. Les principaux résultats et le taux de participation sont toutefois corroborés par les chiffres provisoires communiqués par le ministère marocain de l’Intérieur, source institutionnelle de référence pour le scrutin, ainsi que par des dépêches et articles de presse concordants. Ils doivent néanmoins être présentés comme provisoires tant que les résultats définitifs n’ont pas été officialisés.