Aller au contenu
Dernière publication
Archive
23 760 articles · 12 rubriques

Le média d'information nouvelle génération

Politique

Enquête Le Monde sur des tentatives d'ingérence de Lagardère auprès de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public révélant l'envoi de listes de questions aux députés et suscitant des interrogations sur l'indépendance parlementaire

Le Monde révèle que Lagardère News a transmis des questions aux députés lors de la commission sur l'audiovisuel public. Enquête sur une possible ingérence.

Une enquête du quotidien Le Monde dévoile des tentatives d’influence autour de la commission d’enquête parlementaire consacrée à l’audiovisuel public. Selon le journal, la direction des affaires institutionnelles et réglementaires de Lagardère News aurait envoyé à des députés des listes de questions à poser lors des auditions, dans le but apparent d’orienter le cours des débats. Ces révélations soulèvent des questions sur l’indépendance des travaux parlementaires et sur les pratiques d’influence des groupes de presse.

Les faits rapportés et le calendrier

Le Monde, dans une enquête publiée dimanche 26 avril, affirme avoir consulté « plusieurs listes de questions » envoyées par Lagardère News, maison-mère du JDD et d’Europe 1, et située « dans le giron » du milliardaire Vincent Bolloré, selon la formulation du journal. Les listes comprenaient des formulations hostiles destinées, d’après le quotidien, à alimenter les auditions de décembre — notamment celle de la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, entendue le 10 décembre, puis celle de la présidente de Radio France, Sibyle Veil, entendue le 17 décembre.

Parmi les exemples cités, Le Monde mentionne une « liste de six pages » adressée avant l’audition de Delphine Ernotte, avec des propositions de questions à tonalité accusatrice. Le journal rapporte ainsi la suggestion suivante : « Madame la présidente, comment justifiez‑vous d’avoir violé la déontologie et les règles qui s’imposent à un fonctionnaire public de votre rang et de vos responsabilités ? » Cette formulation visait, d’après Le Monde, à réprobationner la prise de position de Mme Ernotte qui avait qualifié CNews de « média d’opinion » et de « chaîne d’extrême droite » lors d’un entretien au journal le 18 septembre.

Réactions des protagonistes et conduite de la commission

Le président de la commission, le député Horizons Jérémie Patrier‑Leitus, a déclaré sur France Inter avoir reçu un courriel au début de la commission et avoir immédiatement demandé que cela cesse, estimant qu’il y avait « un risque d’ingérence ». Il rapporte également avoir relevé « des éléments concordants qui accréditent des tentatives d’ingérence, inédites dans une commission d’enquête parlementaire ».

Le rapporteur Charles Alloncle a confirmé au Monde avoir reçu ces questions, mais a affirmé ne pas les avoir utilisées. Il a expliqué avoir, dès l’ouverture de la commission, reçu un grand nombre de courriels émanant de syndicalistes, de producteurs et de personnels — actuels ou anciens — de l’audiovisuel public, et il a décrit ces sollicitations comme des pratiques courantes d’affaires publiques. Interrogé sur RMC, il a nié tout lien personnel avec Vincent Bolloré : « Je ne l’ai jamais rencontré, je ne le connais pas », a‑t‑il insisté.

La commission a achevé ses travaux lundi avec l’adoption du rapport du député UDR Charles Alloncle. Lors de la réunion finale, Jérémie Patrier‑Leitus a indiqué que « les députés présents » déclaraient n’avoir jamais reçu ces listes de questions, tout en précisant que le rapporteur avait signalé que des députés de droite en auraient également été destinataires. Pour le président, la question centrale demeure : le rapporteur a‑t‑il été impartial et indépendant tout au long de la commission ?

Contacté par Le Monde, le groupe Lagardère n’avait pas réagi au moment où le journal publiait son enquête. Dans une déclaration transmise à l’AFP, Radio France a appelé à « faire toute la lumière sur des collusions éventuellement à l’œuvre avec des acteurs directement intéressés à la déstabilisation » d’un concurrent, demandant que l’examen de ces allégations soit mené avec rigueur.

Relevé · Fiabilité des sources citées

Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.

  1. Les révélations reposent principalement sur une enquête du Monde, complétée par des interviews et interventions publiques — notamment sur France Inter, RMC — et une dépêche de l’AFP relayant la réaction de Radio France. Ces médias sont des sources établies dans le paysage médiatique français : Le Monde est un quotidien d’investigation reconnu, France Inter et RMC sont des radios nationales à large audience, et l’AFP est l’agence de presse publique de référence. Leurs comptes rendus s’appuient sur des documents, des témoignages et des déclarations de responsables politiques, ce qui renforce la crédibilité générale du récit.

  2. Cependant, quelques précautions sont nécessaires au regard de l’information telle qu’elle est présentée : le détail concret des échanges (copies des courriels ou des listes de questions) n’est pas reproduit intégralement dans le texte fourni ici, et certaines affirmations — par exemple la nature exacte de l’implication de Vincent Bolloré ou l’identité précise des députés destinataires — demeurent rapportées via les déclarations et l’enquête du journal. Les réponses officielles du groupe Lagardère n’étaient pas encore publiées au moment des révélations mentionnées, ce qui laisse subsister des éléments à vérifier.

  3. En l’état, l’enquête mérite d’être prise au sérieux : elle combine documents, témoignages de membres de la commission et réactions institutionnelles. Mais la confirmation complète des faits allégués appelle des éléments directs supplémentaires (copies des courriels, prise de position officielle du groupe Lagardère) et, le cas échéant, des suites formelles au sein des instances parlementaires pour statuer sur d’éventuelles ingérences.

  4. La publication de ces éléments et les réponses des parties concernées détermineront si ces pratiques constituent des tentatives isolées d’influence ou traduisent un schéma plus large susceptible d’affecter l’indépendance des travaux parlementaires sur l’audiovisuel public.

L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.

La rédaction de Commons

Partager

Votre assistant

Le titre et le lien de l’article partent dans l’adresse du moteur, et sont copiés dans votre presse-papiers. Ouverture dans un nouvel onglet.

À lire aussi

Même rubrique, dates absolues