Enquête ouverte après des menaces d'un rabbin contre Emmanuel Macron dans une vidéo controversée
Une enquête a été ouverte après la diffusion d'une vidéo où un rabbin profère des menaces contre Emmanuel Macron, suscitant une condamnation ferme du grand rabbin de France qui dissocie l'institution de ces propos extrêmes. Cette affaire met en lumière les enjeux de la lutte contre les discours haineux en ligne et la surveillance des contenus menaçants dans un contexte politique sensible autour de la reconnaissance de l'État de Palestine.
Une enquête ouverte suite à des propos menaçants contre Emmanuel Macron
Le parquet de Paris a annoncé, le vendredi 8 août, l’ouverture d’une enquête après la diffusion d’une vidéo dans laquelle un rabbin tient des propos menaçants à l’encontre du président français Emmanuel Macron. Cette décision fait suite à des signalements émanant du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, ainsi que de la plateforme Pharos, spécialisée dans la surveillance et la lutte contre les contenus illicites en ligne. L’enquête a été confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne, chargée d’examiner les circonstances et la portée des déclarations incriminées.
Dans cette vidéo de 37 minutes publiée sur YouTube, intitulée « La téfila de Moché Rabbénous – La fin de la France et de l’Iran », le rabbin David Daniel Cohen critique vivement le projet présidentiel de reconnaissance de l’État de Palestine, prévu pour septembre. Il accuse Emmanuel Macron d’exprimer un « antisémitisme profond » et d’avoir lancé « une déclaration de guerre à Dieu ». Les propos vont jusqu’à menacer directement le chef de l’État, en lui conseillant de « se préparer son cercueil » et en affirmant que « Dieu va lui montrer ce que ça veut dire vouloir être aussi effronté et vouloir avoir des déclarations contre Dieu ».
Réactions et mise au point du grand rabbin de France
Ces déclarations ont suscité une vive réaction au sein de la communauté juive et au-delà. Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, a condamné « avec force les propos abjects et intolérables » tenus par David Daniel Cohen. Sur le réseau social X, il a également tenu à préciser que ce dernier n’a « jamais exercé de fonction rabbinique en France » et qu’il n’a « pas été formé ni n’est diplômé de l’école rabbinique de France ». Cette mise au point vise à dissocier l’institution rabbinique officielle de ces propos extrêmes et à éviter toute confusion auprès du public.
L’affaire soulève des questions importantes sur la diffusion de discours haineux et menaçants sur les plateformes numériques, ainsi que sur la responsabilité des autorités dans la surveillance de ces contenus. La plateforme Pharos, qui a joué un rôle clé dans le signalement, est un outil gouvernemental reconnu pour sa fiabilité dans la détection de contenus illicites, ce qui renforce la crédibilité de l’alerte.
Par ailleurs, le contexte politique autour de la reconnaissance de l’État de Palestine par la France est un sujet sensible, qui suscite des débats intenses tant au niveau national qu’international. Les propos de David Daniel Cohen, bien que marginaux, reflètent une radicalisation qui peut alimenter les tensions et justifient l’intervention des autorités judiciaires.
En conclusion, cette affaire illustre les défis actuels liés à la liberté d’expression, à la lutte contre les discours de haine et à la protection des institutions démocratiques. L’enquête en cours devra déterminer les suites judiciaires appropriées, tout en soulignant l’importance d’une vigilance constante face à la propagation de messages violents sur Internet.