Face à une dissolution inattendue, les députés font leur rentrée politique dans un contexte budgétaire tendu
Une rentrée politique mouvementée : entre discussions sur le budget et tensions au sein des partis
Les députés ont repris le chemin du travail en ce début de mois de septembre, deux mois après une dissolution éprouvante. Alors que la session ordinaire du Parlement ne commencera que le 1er octobre pour l’examen des premiers textes, les commissions ont repris leurs travaux et les partis organisent leurs journées parlementaires. Cette rentrée politique s’annonce animée, d’autant plus que le nouveau Premier ministre, Michel Barnier, n’a pas encore constitué son gouvernement.
La semaine de reprise débute par une situation particulière : les ministres de l’Économie et des Comptes publics, Bruno Le Maire et Thomas Cazenave, démissionnaires, doivent comparaître devant la commission des finances de l’Assemblée. Au cœur des débats : le budget de l’année 2025. Le temps presse pour le gouvernement, avec un déficit public de 5,5 % du PIB en 2023 et une procédure de la Commission européenne liée au « déficit public excessif ». Le député Liot Charles de Courson souligne sur France Inter l’importance de commencer à travailler sur le budget sans plus tarder, en vue de son adoption d’ici le 31 décembre.
Une attention particulière sera portée mardi sur Renaissance, le parti macroniste, dont l’ancien Premier ministre Gabriel Attal ouvrira les travaux des parlementaires. Les tensions au sein du groupe Ensemble pour la République (EPR), autrefois Renaissance, sont palpables, notamment en raison de divergences sur la direction du parti. La présidence du parti fait notamment l’objet de luttes internes, avec Elisabeth Borne et Gabriel Attal en première ligne.
Des enjeux futurs à l’horizon 2027 et des batailles politiques à venir
La course à la présidence du parti et les préparatifs en vue des élections de 2027 sont déjà au cœur des préoccupations des différents groupes politiques. Edouard Philippe, candidat déclaré à la présidentielle, sera présent à la rentrée de son parti Horizons à Reims. De son côté, le Premier ministre Michel Barnier devra présenter un programme satisfaisant aux Républicains pour envisager une coalition au sein du gouvernement, notamment sur des sujets tels que le pouvoir d’achat, les finances publiques, l’immigration et la sécurité.
Les députés LR se réuniront en Savoie pour discuter de leur participation éventuelle au gouvernement, stratégie qui dépendra étroitement du programme proposé par Michel Barnier. En parallèle, les députés du Rassemblement National se réuniront à Paris pour leur rentrée politique, avec des revendications claires, telles que la demande d’une session extraordinaire dès septembre et la remise en question de la réforme des retraites.
La nomination de Michel Barnier comme Premier ministre, sous la pression du RN, suscite des réactions diverses dans le paysage politique. Les soutiens critiques de LR et du camp présidentiel, face à une gauche opposée de manière unanime, soulignent la nécessité pour le nouveau chef du gouvernement de conserver la bienveillance du RN, qui pourrait être un allié déterminant en cas de tensions politiques.
Dans ce contexte mouvementé