Fonderie de Bretagne : Appel à Macron pour sauver l'usine.
Appel à l’intervention d’Emmanuel Macron pour sauver la Fonderie de Bretagne
Dans une démarche sans précédent, des responsables syndicaux, des élus ainsi que des députés bretons ont rédigé une lettre ouverte à l’attention du président de la République, Emmanuel Macron, pour le presser d’intervenir en faveur de la Fonderie de Bretagne. Cette usine située à Caudan, dans le Morbihan, est menacée de fermeture suite au désengagement brutal de Renault, son principal client depuis plus de six décennies. Les signataires dénoncent le refus de Renault de garantir des commandes à l’usine, préférant délocaliser sa production vers d’autres pays européens.
La lettre, signée notamment par Sophie Binet de la CGT et François Hommeril de la CFE-CGC, met en lumière l’importance de préserver la Fonderie de Bretagne en tant que symbole de l’industrie française et de la capacité de l’État à défendre ses intérêts face aux grands groupes. En effet, l’usine emploie 350 personnes et a été érigée spécifiquement pour répondre aux besoins de Renault dans les années 1960. La soudaineté du désengagement de Renault met en péril la survie de l’usine, qui dépendait jusqu’alors à hauteur de 95% du chiffre d’affaires du constructeur.
Renault, les enjeux financiers et l’intervention de l’État
Le groupe allemand Private Assets avait pourtant manifesté son intérêt pour reprendre la Fonderie de Bretagne, avec la promesse d’injecter de nouvelles productions et de diversifier les débouchés commerciaux. Néanmoins, Renault a refusé de maintenir ses commandes à l’usine jusqu’en 2028, ce qui aurait permis une transition en douceur vers cette reprise. Les signataires soulignent que l’État français a accordé d’importantes aides à Renault, avec notamment 298 millions d’euros en 2023 et un prêt de 4 milliards garanti lors de la crise sanitaire de la Covid-19. De plus, l’État détient une participation de 15% dans le capital de l’entreprise.
Les signataires de la lettre estiment que l’État dispose de moyens pour influencer Renault à maintenir ses engagements envers la Fonderie de Bretagne, notamment en utilisant sa part dans le capital du groupe et en s’appuyant sur les aides publiques octroyées. Ils pressent ainsi Emmanuel Macron d’intervenir directement auprès de la direction de Renault pour inciter le constructeur à jouer pleinement son rôle dans le maintien de l’activité de l’usine bretonne. Ils considèrent que l’avenir de la Fonderie de Bretagne repose sur cet engagement crucial de la part de Renault.
Chaque jour qui passe sans résolution augmente les risques de fermeture de l’usine et de perte d’emplois dans une région déjà touchée par le chômage. L’issue de cette situation délicate dépendra en grande partie de la capacité des acteurs impliqués à trouver un compromis qui préserve à la fois les intérêts industriels, économiques et sociaux en jeu. Les yeux sont aujourd’hui t