Aller au contenu
Dernière publication
Archive
23 767 articles · 12 rubriques

Le média d'information nouvelle génération

Politique

IESH dissous par le gouvernement soupçonné de légitimer le jihad armé et de recevoir des financements étrangers le doyen conteste recours possible devant le Conseil d Etat

Le gouvernement dissout l'IESH pour soupçons de financements étrangers et de légitimation du jihad. Le doyen conteste et saisira le Conseil d'État.

Le gouvernement a annoncé la dissolution de l’Institut Européen des Sciences Humaines (IESH) lors du Conseil des ministres du mercredi 3 septembre, une décision présentée comme une réponse à des soupçons de promotion d’un islam radical et de légitimation du “jihad armé”. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a relayé l’information sur X en soulignant la nécessité de « lutter contre l’entrisme de la mouvance frériste » et en remerciant « les services de l’État » impliqués dans cette action administrative et judiciaire. Cette mesure s’inscrit dans un climat politique et sécuritaire tendu autour des questions de financement étranger et d’influence religieuse en France. 

Enquête judiciaire et fondement administratif de la dissolution

Les locaux de l’IESH, situés dans la Nièvre, ont fait l’objet de perquisitions à la fin de 2024, notamment menées par l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet de Nevers. Les investigations portent sur des soupçons de non-déclaration de financements étrangers — en particulier en provenance du Qatar — ainsi que sur des faits présumés de blanchiment et d’abus de confiance. Ces éléments ont servi de base factuelle, selon l’exécutif, pour prononcer la dissolution administrative de l’association qui gérait l’école d’imams.

En droit français, le gouvernement peut, par décret pris en Conseil des ministres, dissoudre une association lorsqu’elle porte atteinte à l’ordre public. Cette procédure administrative est distincte des poursuites pénales : la première met fin à l’existence légale de la structure tandis que les investigations judiciaires peuvent déboucher sur des poursuites individuelles. Les décisions de dissolution peuvent ensuite être contestées devant le Conseil d’État, juridiction qui statue sur la légalité des actes administratifs.

Réplique de l’IESH et contexte historique

Le doyen de l’IESH, Larabi Becheri, a contesté les accusations dans un entretien avec l’AFP, affirmant qu’« il n’y a rien de fondé » et que l’institut n’avait reçu aucun don étranger depuis la loi de 2021. Il a précisé que le dernier don en provenance du Qatar remontait à 2018 et avait été déclaré. L’IESH se défendait de former des imams « à la française » pour prévenir le radicalisme et revendiquait son « indépendance ». Ces déclarations renvoient à une stratégie de légitimation interne de l’établissement face aux allégations de liens idéologiques et financiers.

L’IESH, fondé en 1992 à l’initiative de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF, devenue Musulmans de France), a souvent été placé au centre de débats sur la formation des imams en France. L’idée d’une formation nationale des imams remonte à des initiatives politiques, notamment sous la présidence de François Mitterrand, puis reprise de façon renouvelée par Emmanuel Macron, qui a demandé un rapport publié au printemps pointant une « menace pour la cohésion nationale » liée à un développement d’un islamisme « par le bas » attribué, selon le texte, à l’influence des Frères musulmans. Ces analyses politiques alimentent le débat public sur le périmètre légitime d’action des associations religieuses et sur la vigilance à exercer quant aux financements étrangers.

Relevé · Fiabilité des sources citées

Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.

  1. Les informations rapportées dans l’article initial proviennent de sources variées dont la fiabilité diffère selon la nature et le statut :

  2. – Déclarations officielles (Bruno Retailleau sur X, annonce gouvernementale) : fiables pour rendre compte des positions et des actes de l’exécutif. Elles informent sur la décision prise mais reflètent également une lecture politique de la situation.

  3. – Actes judiciaires et enquêtes (perquisitions de l’OCRGDF, enquête du parquet de Nevers) : ces éléments sont solides comme faits procéduraux — la réalisation d’une perquisition et l’ouverture d’une enquête sont vérifiables — mais la portée des soupçons reste à confirmer par des actes judiciaires formels (mises en examen, jugement).

  4. – Déclarations de l’IESH (Larabi Becheri via AFP) : la dépêche de l’AFP est une source de presse reconnue pour son exigence de vérification et son impartialité relative ; la parole du responsable représente le point de vue de la partie mise en cause et doit être lue comme telle.

  5. – Rapports gouvernementaux (commande d’Emmanuel Macron, rapport publié) : crédibles sur le plan institutionnel et utiles pour situer les analyses politiques, mais sujets à interprétation et à débats méthodologiques quant aux conclusions sur des phénomènes sociaux et religieux complexes.

  6. – Liens historiques et associatifs (UOIF/Musulmans de France, allusions aux Frères musulmans) : ces éléments relèvent d’un champ d’interprétation politique. L’existence de relations historiques entre certaines organisations et des courants transnationaux est documentée, mais les usages de ces liens dans le débat public sont souvent politisés et doivent être étayés par des sources académiques ou judiciaires pour éviter les généralisations.

  7. Perspectives et points de vigilance

  8. La dissolution de l’IESH marque une étape importante dans la lutte affichée par l’exécutif contre les influences étrangères et les « entrismes » idéologiques. Reste à suivre l’évolution de l’enquête judiciaire, les décisions du Conseil d’État en cas de recours, ainsi que toute mise en examen éventuelle. Il conviendra également d’observer comment cette décision sera reçue par les musulmans de France et par les acteurs associatifs engagés sur la formation des imams, domaine où l’État cherche à concilier la laïcité, la liberté religieuse et la prévention des radicalisations.

L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.

La rédaction de Commons

Partager

Votre assistant

Le titre et le lien de l’article partent dans l’adresse du moteur, et sont copiés dans votre presse-papiers. Ouverture dans un nouvel onglet.

À lire aussi

Même rubrique, dates absolues