Jean-Luc Mélenchon annule son passage au 20 heures de TF1 après les propos d’Édouard Philippe sur l’immigration
Mélenchon renonce au 20 heures de TF1 après les propos d’Édouard Philippe sur l’immigration. Découvrez les faits et les sources de la controverse.
Jean-Luc Mélenchon a annoncé, dimanche 1er novembre 2026 au soir, qu’il renonçait à participer au journal de 20 heures de TF1 le lundi 2 novembre. Le candidat de La France insoumise à la présidentielle reproche à la chaîne la manière dont s’est déroulée l’interview d’Édouard Philippe par Anne-Claire Coudray. Au cœur de ses critiques : les propos du candidat Horizons sur l’immigration et les violences commises autour des manifestations du 17 octobre.
Une annulation annoncée sur X
Dans un message sur X, publié quelques minutes après la fin de l’entretien, Jean-Luc Mélenchon accuse la présentatrice de TF1 de reprendre à son compte les déclarations de l’ancien Premier ministre, qu’il qualifie de « calomnies racistes ». Il reproche également à Anne-Claire Coudray d’avoir laissé le maire du Havre développer son « discours dégoûtant sans être interrompu ». Et le chef de file de la France Insoumise de conclure son message : « Lundi, je n’irai pas au 20 heures de cette chaîne ».
Au lendemain de l’interview, TF1 a répliqué, affichant son soutien à la présentatrice des journaux du week-end : « Hier soir, Anne-Claire Coudray a mené son entretien avec professionnalisme et rigueur, en interrogeant Édouard Philippe sur ses propos tenus dans Le Point », a indiqué la chaîne dans un message sur X.
Les déclarations sur les violences du 17 octobre au centre du désaccord
Dans un entretien au magazine paru le 27 octobre, l’ancien Premier ministre Edouard Philippe avait estimé que « la surreprésentation de jeunes issus de l’immigration » dans les violences autour des manifestations du 17 octobre était « patente ». Il avait également pointé « l’échec de l’intégration » depuis plusieurs décennies en France.
Des propos que le candidat à la présidentielle a réitérés sur le plateau de TF1 : « Dans les images que nous avons vues des pillages, il y avait de fait un certain nombre et un nombre important de jeunes Français, sans doute, que je considère comme des Français issus de l’immigration. Ce qui traduit un sujet qu’on doit regarder les yeux dans les yeux », a notamment déclaré l’ancien premier ministre.
Après cet interview, les réseaux sociaux ont été le théâtre d’une passe d’armes entre les deux candidats, Edouard Philippe accusant sur X le leader insoumis de faire des « pilleurs » et des « casseurs d’extrême gauche » des « modèles d’intégration » et des « victimes de la police ». Un peu plus tard, Jean-Luc Mélenchon a accusé Edouard Philippe de « clientélisme racialiste ».
Cette confrontation intervient dans un contexte de critiques des Insoumis envers les médias télévisés depuis l’attentat raciste de Trappes. LFI leur reproche de laisser se diffuser des paroles racistes d’extrême droite.
Un échange d’accusations prolongé sur les réseaux sociaux
TF1 a par ailleurs expliqué que Jean-Luc Mélenchon n’était pas invité au journal de 20 heures ce lundi. Sollicitée par l’AFP, la chaîne a assuré que « la venue de Jean-Luc Mélenchon avait été annulée /reportée » en «fin de semaine ». « Il ne s’agit donc pas d’une décision prise à l’issue de l’interview d’Edouard Philippe» puisque la venue de Jean-Luc Mélenchon «n’était déjà plus d’actualité pour ce lundi», a fait valoir la chaîne.
Reste à savoir si les critiques de Jean-Luc Mélenchon s’inscrivent dans une stratégie de boycott de la chaîne sur laquelle il avait officialisé sa candidature à l’Elysée le 3 mai 2026. Le candidat, pourfendeur régulier de « l’officialité médiatique », entretient depuis longtemps des relations conflictuelles avec la presse. Au printemps dernier, il avait résumé sa stratégie médiatique d’un « je choisis où je vais ».
Des sources utiles, mais de portée différente