Le Parti québécois revient au pouvoir au Québec et relance la promesse d’un référendum sur l’indépendance du Canada
Le Parti québécois revient au pouvoir au Québec sans majorité absolue et relance le débat sur un référendum sur l’indépendance.
Le Parti québécois (PQ) a remporté les élections provinciales du lundi 5 octobre 2026 au Québec, selon les résultats quasi définitifs. Cette victoire permet à la formation indépendantiste de revenir au pouvoir après plus d’une décennie dans l’opposition. Elle ne lui donne toutefois pas la majorité absolue à l’Assemblée nationale, ce qui obligera son chef, Paul St-Pierre Plamondon, à rechercher l’appui d’autres partis pour gouverner.
Un retour au pouvoir sans majorité absolue
Le PQ est crédité d’environ 28 % des suffrages. D’après les résultats disponibles au moment de la rédaction, il était en voie d’obtenir près de 60 sièges dans une Assemblée nationale qui en compte 127, alors que 64 sont nécessaires pour disposer d’une majorité. Le futur gouvernement devra donc composer avec une chambre fragmentée et négocier l’adoption de ses textes législatifs ainsi que le maintien de sa confiance.
Cette configuration constitue le principal défi politique de Paul St-Pierre Plamondon, surnommé « PSPP ». Le chef péquiste devra transformer une victoire électorale en capacité réelle de gouverner, tout en maintenant le cap sur les engagements qui ont mobilisé son électorat. Le Parti québécois n’avait plus dirigé la province depuis 2014.
Dans son discours de victoire, le dirigeant indépendantiste a insisté sur sa volonté de rassembler. Il a affirmé que son gouvernement « tendra la main » et qu’il serait le premier ministre de « tous les Québécois, sans exception ». Il a également présenté le résultat comme une démonstration de confiance retrouvée et d’espoir pour l’avenir du Québec.
Ces déclarations relèvent toutefois du discours politique du vainqueur et ne constituent pas, à elles seules, une garantie sur la composition future de la majorité parlementaire. La capacité du PQ à faire adopter son programme dépendra des rapports de force dans les prochains mois et des accords qu’il pourra conclure avec les partis d’opposition.
La promesse d’un troisième référendum
Le retour des indépendantistes au pouvoir relance la question de l’avenir constitutionnel du Québec. Le PQ a promis d’organiser un nouveau référendum sur l’indépendance de la province. S’il était effectivement tenu, ce scrutin serait le troisième de l’histoire québécoise, après ceux de 1980 et de 1995.
Le référendum de 1995 s’était soldé par une victoire très serrée du camp fédéraliste. Le « non » l’avait emporté avec une avance de moins d’un point de pourcentage. La promesse d’un nouveau vote place donc la question nationale au centre de la politique québécoise, mais sa concrétisation dépendra notamment de la stratégie du gouvernement minoritaire et de sa capacité à obtenir des soutiens à l’Assemblée nationale.
Le contexte canadien ajoute une dimension particulière à cette victoire. Le gouvernement fédéral de Mark Carney est déjà confronté à des tensions avec l’Alberta, province de l’Ouest où un vote est prévu le 19 octobre 2026 sur la possibilité d’engager le processus juridique menant à un référendum sur l’indépendance. Cette consultation ne porterait pas directement sur une séparation immédiate, mais sur l’ouverture d’une procédure en ce sens.
Ottawa appelle à la coopération
Mark Carney a félicité Paul St-Pierre Plamondon pour sa victoire et déclaré vouloir travailler avec le nouveau premier ministre désigné. Le chef du gouvernement canadien a notamment évoqué le soutien aux entreprises et aux travailleurs québécois touchés par les droits de douane américains, la création d’emplois, la lutte contre l’itinérance et la construction de logements.
Ce message traduit la volonté d’Ottawa de maintenir le dialogue avec le futur gouvernement québécois, malgré le désaccord fondamental sur l’avenir constitutionnel de la province. Il s’inscrit aussi dans un contexte économique et commercial tendu, marqué par l’incertitude entourant les relations entre le Canada et les États-Unis.
Carney a également remercié Christine Fréchette pour son engagement envers le Québec et le Canada. La défaite de la Coalition avenir Québec ouvre ainsi une nouvelle période politique dans la province, dominée par le retour du débat indépendantiste et par la nécessité, pour le PQ, de gouverner sans majorité.
Évaluation des sources : les résultats électoraux et la date du scrutin sont étayés par Élections Québec, source institutionnelle de référence. Le nombre de sièges et l’analyse de la formation d’un gouvernement minoritaire sont corroborés par l’Associated Press, agence reconnue, mais restent susceptibles d’évoluer jusqu’à la proclamation définitive des résultats. Les déclarations de Paul St-Pierre Plamondon et de Mark Carney doivent être considérées comme des sources primaires lorsqu’elles proviennent de leurs comptes officiels sur X, mais elles reflètent la communication politique de leurs auteurs et doivent être distinguées des faits vérifiés.