Les négociateurs de l'UE parviennent à un accord sur la réforme budgétaire et du pacte de stabilité.
Les négociations pour une réforme des règles budgétaires de l’Union européenne ont abouti à un accord entre le Parlement européen et les États membres de l’UE. Les nouvelles règles entreront en vigueur en 2025 et visent à garantir le redressement des finances publiques tout en préservant les investissements. Cet accord, qui a pris 16 heures de discussions, a été salué par la présidence belge du Conseil de l’UE comme contribuant à l’équilibre et à la viabilité des finances publiques, aux réformes structurelles, aux investissements, à la croissance et à la création d’emplois dans l’UE.
La réforme a pour objectif de moderniser le pacte de stabilité créé à la fin des années 1990. Ce pacte limite le déficit des administrations publiques à 3% du PIB et la dette à 60% du PIB. Toutefois, ce cadre a été jugé trop rigide et n’a jamais vraiment été respecté, ce qui a conduit à son obsolécence. Le nouveau texte conserve ces ratios emblématiques, mais offre une certaine flexibilité quant à l’ajustement demandé aux pays de l’UE en cas de déficits excessifs. Les États seront désormais tenus de présenter leur propre trajectoire d’ajustement, ce qui leur permettra d’avoir plus de temps en cas de mise en place de réformes et d’investissements. L’accent sera mis sur l’évolution des dépenses, jugée plus pertinente que les déficits qui peuvent fluctuer en fonction du niveau de croissance économique.
Bien que discuté depuis plus de deux ans, ce texte est critiqué pour sa complexité et est brocardé par certains élus de gauche qui le considèrent comme un outil d’austérité en Europe. L’Allemagne et ses alliés « frugaux » ont réussi à durcir le cadre budgétaire en imposant un effort minimum chiffré de réduction de la dette et des déficits pour tous les pays de l’UE, malgré les réserves de la France et de l’Italie. Certains craignent que cet accord renforce les populistes et permette de critiquer l’Europe.
Cependant, d’autres estiment qu’un nouveau cadre de gouvernance économique était nécessaire. Ils assurent que les nouvelles règles budgétaires sont saines et crédibles. L’eurodéputée Esther de Lange (PPE, droite), rapporteure du texte, a déclaré : « Un nouveau cadre de gouvernance économique était plus que nécessaire. Nous avons veillé à ce que les nouvelles règles budgétaires soient saines et crédibles. »
Il s’agit donc d’une réforme importante qui vise à adapter les règles budgétaires de l’UE aux réalités économiques actuelles. La flexibilité accordée aux États devrait permettre de mieux gérer les déficits tout en préservant les investissements. Toutefois, la complexité du texte ainsi que les désaccords entre les pays membres soulèvent des interrogations quant à sa mise en œuvre effective. Il faudra donc suivre de près les développements futurs pour évaluer l’impact réel de cette réforme sur les finances publiques de l’UE.