Les priorités de François Bayrou après la formation de son gouvernement
François Bayrou esquisse les contours de son action gouvernementale
Sa déclaration de politique générale n’est prévue que le 14 janvier, mais François Bayrou ne perd pas de temps pour présenter les grandes lignes de son action. Le Premier ministre, qui a formé un gouvernement de 35 ministres après des tractations intenses, s’est exprimé lors d’une interview sur BFMTV. Au menu : composition du gouvernement, crise des finances publiques et autres sujets sensibles. Franceinfo résume ses principales déclarations, dix jours après sa nomination à Matignon.
François Bayrou a vigoureusement nié toute influence du Rassemblement national dans la composition de son gouvernement, rebondissant sur les propos de Xavier Bertrand qui affirmait le contraire. Le Premier ministre a assuré que les choix ministériels étaient les siens, expliquant que le refus de Bertrand d’intégrer le gouvernement était lié à des désaccords sur l’approche à adopter au ministère de la Justice. Le poste de Garde des Sceaux a finalement été attribué à Gérald Darmanin.
Dans l’urgence, le gouvernement devra bientôt présenter un budget pour l’année 2025. Les ministres Eric Lombard et Laurent Saint-Martin sont chargés de préparer le projet de loi de finances. François Bayrou a souligné la nécessité de limiter les charges fiscales supplémentaires, mettant l’accent sur la maîtrise des dépenses publiques. Il souhaite ramener le déficit public aux alentours de 5% en 2025, s’écartant légèrement de l’objectif fixé par son prédécesseur Michel Barnier.
Des défis à relever face au Parlement et sur les réformes en cours
Le budget pour 2025 sera l’enjeu d’un débat houleux au Parlement, après la censure du gouvernement précédent sur un projet de loi de financement de la Sécurité sociale. François Bayrou a affirmé qu’il n’envisagerait le recours à l’article 49.3 de la Constitution qu’en dernier recours concernant le budget, ouvrant la voie à un rejet des textes en cas de désaccord avec les parties d’opposition.
Concernant la réforme des retraites de 2023 réclamée par la gauche, le Premier ministre s’est montré inflexible, refusant de la suspendre malgré les pressions. Il a mis en garde contre les conséquences d’une telle décision sur la crédibilité de la France face aux agences de notation. Cependant, il s’est dit ouvert à des compromis sur le calendrier de discussion de la réforme.
En matière d’immigration, François Bayrou a insisté sur l’application des mesures existantes avant d’envisager de nouvelles lois. Il a également évoqué la nécessité de renforcer la coopération avec les pays refusant de reprendre leurs ressortissants expulsés de France. Le Premier ministre compte agir de manière pragmatique, en abordant les problèmes un par un, sans céder à une approche purement communicationnelle.
François Bayrou affirme sa volonté de pérenniser son action à Matignon en menant une politique efficace et en respectant les équilibres. Il se veut rassurant sur sa capacité à gérer les éventuels désaccords