Municipales 2026 à Vénissieux et Vaulx-en-Velin : l’annulation des victoires de LFI préconisée par la rapporteure publique
Municipales 2026 : la rapporteure publique préconise l’annulation des victoires LFI à Vénissieux et Vaulx-en-Velin. Le tribunal doit trancher.
La rapporteure publique du tribunal administratif de Lyon a préconisé, lundi 14 septembre, l’annulation des élections municipales de Vénissieux et de Vaulx-en-Velin. Ces deux communes de la banlieue lyonnaise avaient été remportées en mars par des candidats de La France insoumise, dans des scrutins marqués par des écarts particulièrement faibles et par des irrégularités concernant d’autres listes.
Le tribunal administratif n’a pas encore rendu sa décision. L’affaire a été mise en délibéré, sans qu’une date précise de jugement ait été communiquée. Les conclusions du rapporteur public constituent un avis juridique indépendant, mais elles ne s’imposent pas aux magistrats. L’article d’origine indique toutefois que les juridictions administratives suivent fréquemment ces recommandations.
À Vaulx-en-Velin, 693 bulletins contestés
À Vaulx-en-Velin, le député insoumis Abdelkader Lahmar avait devancé la maire sortante socialiste, Hélène Geoffroy, de 104 voix. Il s’agissait de l’une des victoires les plus symboliques de La France insoumise dans l’agglomération lyonnaise.
La contestation porte sur une liste divers centre conduite par Christine Bertin, arrivée en troisième position au second tour. Au total, 693 bulletins correspondant à cette liste ont été annulés. La candidate avait omis de mentionner la nationalité néerlandaise de l’une de ses colistières, une information exigée par le Code électoral.
La rapporteure publique a estimé que cette irrégularité pouvait remettre en cause la sincérité de l’ensemble du scrutin. Christine Bertin conteste cependant l’annulation de ses suffrages. Elle affirme avoir été informée du problème par la préfecture seulement quelques heures avant le second tour et souligne que les bulletins concernés n’avaient pas été invalidés au premier tour.
Dans cette affaire, l’enjeu ne porte donc pas uniquement sur la conformité administrative d’une liste. Il s’agit aussi de déterminer si l’irrégularité, compte tenu du nombre de bulletins concernés et de l’écart séparant les candidats, a pu modifier le résultat ou altérer la sincérité du vote.
À Vénissieux, des domiciliation contestées
À Vénissieux, l’élection d’Idir Boumertit, également député insoumis, s’était jouée à seulement 25 voix face à la maire sortante, Michèle Picard. Cette victoire mettait fin à plusieurs décennies de gestion communiste dans cette commune d’environ 65 000 habitants.
Le recours concerne cette fois la liste d’extrême droite RN-UDR dirigée par Quentin Taïeb. La rapporteure publique a évoqué de fausses déclarations de domiciliation concernant la tête de liste et certains colistiers, ainsi qu’une « intention frauduleuse ». Arrivée en quatrième position au second tour, cette liste avait obtenu 1 966 suffrages.
Selon l’analyse présentée à l’audience, ces irrégularités pourraient également affecter la sincérité de la totalité de l’élection. La faiblesse de l’écart entre Idir Boumertit et Michèle Picard renforce cet argument : même si la liste mise en cause n’est pas arrivée en tête, ses suffrages ont pu peser dans la répartition finale des voix.
Une nouvelle polémique sur le rôle de la préfecture
Après l’annonce de ces préconisations, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé sur X une situation où « l’incompétence vient servir les manipulations politiques ». Le leader de La France insoumise a mis en cause la surveillance exercée par les services préfectoraux ainsi que les agissements des listes battues. Il a appelé à un renouvellement préfectoral en vue de l’élection présidentielle de 2027.
Une passe d’armes avait déjà opposé, en août, Jean-Luc Mélenchon au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, au sujet de l’impartialité du corps préfectoral. Le responsable insoumis avait notamment demandé aux préfets de cesser, selon ses termes, de faire des procès aux députés de son mouvement.
La fiabilité des informations rapportées apparaît contrastée. Les éléments procéduraux — audience, mise en délibéré et conclusions de la rapporteure publique — sont présentés de manière précise, mais l’article ne cite ni décision publiée, ni document officiel, ni source nominative permettant de les vérifier directement. Les déclarations politiques sont, elles, clairement attribuées à Jean-Luc Mélenchon. En revanche, l’issue du contentieux demeure incertaine : seule la décision du tribunal administratif permettra de confirmer ou non l’annulation des deux élections.